Pays émergents

La Chine investit massivement en Afrique

Le monde change

Céline Tabou / 19 janvier 2011

Depuis la crise économique et financière de 2008, les États développés ont restreint les aides allouées aux pays africains. A contrario, la Chine est devenue l’un des premiers investisseurs du continent. En quelques jours, le gouvernement chinois a signé d’importants contrats avec le Sénégal, le Cameroun et l’Île Maurice, pour un montant dépassant les 380 millions d’euros.

Voulant liquider leurs dollars, les Chinois ont investi massivement en Europe, en rachetant la dette de certains pays comme l’Espagne, la Grèce et le Portugal, et aujourd’hui, les investissements directs chinois à l’étranger ont augmenté de 36,3% en 2010.

Plus de 800 millions d’euros d’investissements

Le vice-Premier ministre chinois, Hui Liangyu, était en visite en Afrique du 6 au 18 janvier, où il a rencontré ses homologues et présidents de l’île Maurice, de la Zambie, de la République du Congo, du Sénégal et du Cameroun afin de célébrer les 40 années de coopération.
A Dakar, un accord de 53 millions d’euros destinés à améliorer la distribution d’électricité a été signé. Hui Liangyu a également accordé à la République démocratique du Congo (RDC) un don de plus de 6 millions d’euros « sans contre-partie ». Investissant 6 millions d’euros à l’île Maurice, la banque centrale chinoise s’est également engagée à prêter au Cameroun près de 316 millions d’euros pour financer la construction d’un port en eau profonde dans la ville balnéaire de Kribi (Sud).
En une dizaine de jours, la Chine a renforcé ses liens économiques et diplomatiques avec cinq pays africains, alors que la France s’embourbe dans les conflits en Tunisie et en Côte d’Ivoire. En effet, la banque mondiale, le FMI et de nombreux pays occidentaux n’investissent plus en Afrique, notamment parce que, selon eux, certains pays africains possèdent des régimes totalitaires. Et inversement, l’Afrique ne s’adresse plus aux pays industrialisés, ni aux institutions internationales, à cause des conditions d’engagement établies par ces organisations et gouvernements. La Chine reste, d’après de nombreux dirigeants africains, une alternative fiable, car basée sur un rapport « gagnant-gagnant », et non une attitude paternaliste.
La Chine est parvenue à devenir un allié incontournable pour de nombreux pays du monde, et malgré les contestations, l’Empire du Milieu reste l’un des pays économiques ayant fait face à la crise économique et financière, et pouvant aujourd’hui investir en Europe. Si bien que les Etats-Unis, eux-mêmes, attendent beaucoup de la Chine, sur le plan économique plus que diplomatique.

Hu Jintao à Washington

Contesté par le gouvernement américain sur les ventes d’armes américaines à Taïwan, le Tibet, le respect des droits de l’Homme, la réévaluation du yuan et, entre autres le dossier nord-coréen, les Etats-Unis préparent la visite du président chinois, Hu Jintao. En effet, Hilary Clinton a déclaré, lors d’un discours au Département d’Etat, que son pays ne perçoit pas la montée en puissance de la Chine comme une menace et que le gouvernement ne cherche pas « à freiner la croissance chinoise », a révélé Reuters.
Appelant les deux pays à travailler ensemble, la secrétaire d’État en oublie la question des droits de l’Homme qu’elle a su manier à plusieurs reprises. L’objectif principal pour les Américains est de « garantir une croissance économique équilibrée, tout en soulignant que Pékin doit mettre un terme aux pratiques discriminantes qui désavantagent les groupes américains ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com