Pays émergents

La Chine soutien de l’Europe sous conditions

Crise économique

Céline Tabou / 29 octobre 2011

Après avoir exprimé à de nombreuses reprises son soutien et sa confiance vis-à-vis de la crise de la dette souveraine européenne, Pékin a annoncé qu’elle aiderait l’Union européenne à hauteur de 100 milliards de dollars au sein du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Consciente des risques à prendre, la Chine conditionne son aide afin de s’assurer quelques garanties. L’Empire du Milieu souhaite un accès anticipé au statut d’économie de marché de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) que lui refusent l’Union européenne (UE) et les États-Unis. Ce statut permettra à la Chine de faire tomber certaines barrières tarifaires.

Un rôle clé dans le sauvetage de la zone euro

Le directeur du FESF, Klaus Regling, s’est rendu à Pékin pour discuter des modalités de la possible intervention chinoise, qui envisagerait d’investir entre 50 et 100 milliards de dollars, soit de 35 à 70,5 milliards d’euros, selon des conseillers de la banque centrale chinoise interrogés par le "Financial Times".
Selon les économistes, la Chine détient environ 3.200 milliards de dollars de devises étrangères, dont 500 milliards de dettes européennes et souhaite demander une plus grande ouverture du marché européen à ses produits et investissements.
Tandis que Klaus Regling a affirmé vendredi matin, depuis Pékin qu’il « n’y a pas de négociations en cours avec la Chine » mais « consultations régulières à un stade préliminaire » avec les autorités du pays, a indiqué "Le Figaro". De son côté, Pékin a précisé le jour même qu’elle attendait pour investir d’obtenir « des détails techniques pour y voir clair ». « Des études sérieuses » seront également menées avant de procéder à tout investissement, a expliqué le vice-ministre chinois des Finances lors d’un point presse.

Participer à l’effort pour éviter la contagion

La chef du service de l’économie mondiale de l’Institut de Recherches des Relations internationales modernes de Chine, Chen Fengying, a estimé sur Radio Chine Internationale, que la Chine devait participer activement au FESF, car la crise des dettes européennes pourrait aussi affecter la Chine. Cette dernière a indiqué qu’« injecter des capitaux chinois, c’est secourir l’Europe dans le besoin, c’est aussi aider d’autres et la Chine elle-même ».
La zone euro a décidé mercredi 26 octobre, lors d’un sommet des chefs d’États européens à Bruxelles, de solliciter Pékin pour renforcer la capacité d’action du Fonds européen de stabilité financière. Klaus Regling a indiqué lors d’une conférence de presse que « nous savons tous que la Chine a un besoin particulier d’investir ses excédents », avant de rappeler que les investisseurs asiatiques achètent environ 40% des obligations du FESF.

Céline Tabou


Kanalreunion.com