Pays émergents

La Chine va renforcer ses relations agricoles avec l’Afrique

Selon un rapport de la banque sud-africaine Standard Bank

Témoignages.re / 26 novembre 2011

L’Afrique va jouer un rôle de plus en plus important dans le programme de sécurité alimentaire à long terme de la Chine au cours de la prochaine décennie, alors que la demande en vivres du pays le plus peuplé du monde risque de dépasser son offre, selon les analystes de la Standard Bank, Simon Freemantle et Jeremy Stevens.

Dans leur dernier rapport, "Le défi chinois de la sécurité alimentaire : Quel rôle pour l’Afrique ?" obtenu par la PANA, Freemantle et Stevens soutiennent que la Chine est confrontée à des tensions sérieuses en termes d’offre et de demande dans son secteur agricole et qu’elle va au cours des prochaines années se tourner vers l’extérieur pour compléter ses sources d’approvisionnement en vivres.
« La hausse des revenus et l’urbanisation débouchent sur une explosion de la consommation alimentaire en Chine. La Chine est désormais le deuxième consommateur alimentaire du monde, derrière les États-Unis. Il est prévu d’ici 2015 que le total des importations alimentaires de la Chine va doubler à plus de 1.000 milliards de dollars », ont-ils souligné.
Par ailleurs, la Chine est confrontée à des tensions croissantes sur son approvisionnement en vivres, alors que l’urbanisation et l’industrialisation font disparaître les terres arables et réduisent les nappes aquifères, écrivent les deux chercheurs.
« Entre 1996 et 2006, la Chine a perdu neuf millions d’hectares de terres arables », selon les analystes.
Si pour le moment la Chine peut et va puiser dans ses propres ressources pour combler le gros de cette nouvelle demande, il est de plus en plus évident qu’elle ne sera pas en mesure de produire de la nourriture à bas prix pour sa vaste population sans accroître ses sources extérieures d’approvisionnement.
Par conséquent, notent les auteurs, Beijing devrait aligner de plus en plus son aide et ses investissements extérieurs dans l’agriculture pour avoir accès à de nouvelles opportunités.

Transfert de technologies

« En Afrique, deux éléments essentiels attirent la Chine. Premièrement, étant donné la sous-productivité agricole persistante du continent, l’apport d’une aide technique et au développement permet à Beijing de construire des relations bilatérales plus profondes.
Et, deuxièmement, le potentiel immense et largement inexploité de l’Afrique sub-saharienne est de plus en plus considéré par la Chine comme un rouage de sa stratégie de sécurité alimentaire. Pour le moment, cette stratégie chinoise est ouvertement axée sur le développement et bien que le mercantilisme inspire plusieurs des projets de coopérative agricole, les profits sont générés presque entièrement sur les marchés locaux et régionaux »
, ajoutent-ils.
Selon les analystes, il est déjà clair que Beijing cherche à construire des relations agricoles plus solides avec les pays riches en terres et stables au plan politique qui ont des relations amicales avec la Chine, comme le Mozambique où la Chine a consenti d’importants investissements agricoles.


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