Pays émergents

La Côte d’Ivoire toujours au bord de l’explosion

L’ONU souligne la nécessité du retour à la stabilité

Témoignages.re / 21 juillet 2011

Le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Youn Jin Choi, a affirmé lundi que le rétablissement de la loi et de l’ordre demeure la priorité absolue pour le pays après sa récente crise post-électorale.

« Il y a un besoin urgent de rétablissement rapide de la loi et de l’ordre dans le pays, car c’est un préalable pour que les autres objectifs soient réalisés avec succès », a-t-il dit dans un compte rendu au Conseil de sécurité des Nations Unies.
Le représentant, qui a présenté le dernier rapport du secrétaire général de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), a souligné la nécessité de développer une « vision claire » liée à la mise sur pied d’une structure de sécurité nationale.
Selon lui, cela va permettre le déploiement efficace des éléments de la police et de la gendarmerie dans le pays et le retour des militaires dans leurs casernes.
Dans son rapport, M. Ban a souligné que la situation sécuritaire est encore très précaire et que la force nationale de sécurité démantelée prendra du temps pour se reconstituer.

« Le rétablissement d’une paix et d’une stabilité durables est difficile, puisque la crise post-électorale a fait resurgir de vieux problèmes, entravé le progrès initialement réalisé dans le processus de paix et créé de nouveaux problèmes », a-t-il dit.

La guerre civile n’est pas finie

Le secrétaire général a également fait part de ses préoccupations devant « le risque élevé » d’un retour au conflit armé et il a souligné la nécessité d’aider le gouvernement ivoirien à résoudre les facteurs qui pourraient rallumer les combats.
Il a noté que les populations civiles ont été inondées d’armes au moment où les vieux démons de la question ethnique, de la nationalité et de la propriété foncière refont surface.
Il a indiqué que les prochains six à 12 mois seront très décisifs pour déterminer si la Côte d’Ivoire va poursuivre sa reprise progressive de la crise ou si elle va replonger dans un nouveau conflit.

« Je suis convaincu que la poursuite des menaces à la stabilité en Côte d’Ivoire et dans la sous-région pourra être atténuée, mais le gouvernement aura besoin d’un soutien ferme, y compris des Nations unies ».

Le rapport révèle que le gouvernement ivoirien, en collaboration avec l’ONUCI, a mis sur pied huit nouveaux camps militaires des Nations unies dans l’ouest du pays, dont quatre à la frontière avec le Liberia, et il envisage de réhabiliter et d’équiper certains commissariats de police dans la région.
En plus du rétablissement de la loi et de l’ordre, les autres tâches clés après la crise sont la réconciliation nationale, la tenue d’élections législatives et la relance économique.

Les armes n’ont rien réglé

Pour apporter son soutien dans ces tâches, entre autres, le secrétaire général recommande dans son rapport que le Conseil de sécurité prolonge le mandat de l’ONUCI d’un an supplémentaire.
« Le bilan de la crise est lourd pour la Côte d’Ivoire et le pays ne peut s’attendre à mettre à contribution ses ressources propres pour faire face aux menaces et aux priorités immédiates ».
D’après lui, le pays aura besoin de l’aide des Nations Unies en ce moment crucial, pour lui permettre de se relever.
La crise politique en Côte d’Ivoire a commencé avec le refus d’Alassane Ouattara candidat de reconnaître le résultat de l’élection présidentielle validé par le Conseil constitutionnel. Alassane Ouatarra, soutenu par les Occidentaux, a envoyé ses soldats prendre d’assaut le Sud du pays avec le soutien de l’armée française. La capture du président sortant, Laurent Gbagbo, n’a pas mis fin aux hostilités.


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