Pays émergents

La FAO lance un nouvel appel de 69,8 millions de dollars pour conjurer une crise alimentaire

Course contre la montre pour aider les agriculteurs et éleveurs du Sahel frappés par la sécheresse

Témoignages.re / 20 mars 2012

Plusieurs pays de la région du Sahel en Afrique de l’Ouest ont besoin d’une aide d’urgence pour conjurer une crise de sécurité alimentaire et nutritionnelle de grande envergure et protéger et restaurer les moyens d’existence des communautés dépendantes de l’élevage et de l’agriculture, selon la FAO.

La FAO sollicite au moins 69,8 millions de dollars de fonds supplémentaires pour venir en aide à 790.000 familles agricoles et pastorales, prises au piège des crises alimentaires répétées.
On estime que 15 millions de personnes au bas mot sont à risque d’insécurité alimentaire au Sahel, en partie à cause de baisses localisées, mais importantes, de production agropastorale. Ce chiffre comprend 5,4 millions de personnes au Niger (35 pour cent de la population), 3 millions au Mali (20 pour cent), quelque 1,7 million au Burkina Faso (10 pour cent), environ 3,6 millions au Tchad (28 pour cent), 850.000 au Sénégal (6 pour cent), 713.500 en Gambie (37 pour cent) et 700.000 en Mauritanie (22 pour cent).
La crise qui se profile est due à une association de divers facteurs, dont la sécheresse ; de fortes diminutions de la production céréalière et les prix élevés des céréales ; une pénurie de fourrage pour le bétail ; une réduction des envois de fonds des travailleurs émigrés dans divers pays ; la dégradation de l’environnement ; les déplacements de personnes ; et la pauvreté chronique aggravée par la conjoncture.

Conséquence de la sécheresse

La production céréalière totale de 2011 au Sahel était inférieure de 25 pour cent, en moyenne, à celle de 2010, mais la baisse accusée au Tchad et en Mauritanie a été jusqu’à 50 pour cent. D’autres pays ont souffert de graves déficits de production vivrière localisés (jusqu’à 80 pour cent), selon le Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA), une instance regroupant gouvernements, donateurs et autres acteurs des questions de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest.
On signale en outre dans la région un fort accroissement du nombre de personnes déplacées, comprenant notamment 63.000 personnes déplacées à l’intérieur du Mali fuyant les conflits au nord du pays, et plus de 60.000 réfugiés maliens dans les pays voisins.
« Il nous faut agir sans délai pour empêcher la détérioration de la situation de la sécurité alimentaire et éviter une crise alimentaire et nutritionnelle généralisée », a déclaré le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.

« Il faut notamment commencer par améliorer l’accès des agriculteurs et des éleveurs aux marchés locaux, encourager l’utilisation des produits locaux, et adopter de bonnes pratiques de réduction des risques pour renforcer leur résilience », a-t-il ajouté.

Agissons

La FAO collabore avec ses partenaires pour « arrêter de sauter de crise en crise », en fournissant des stratégies de subsistance basées sur l’envoi d’espèces, de nourriture, d’intrants agricoles et de formation aux populations les plus nécessiteuses, outre la planification d’interventions à plus long terme visant à protéger et restaurer les moyens d’existence des agriculteurs, agropasteurs et éleveurs, a souligné le Directeur général.

L’aide immédiate de la FAO prévoit de :

- livrer aux agriculteurs des semences vivrières et maraîchères à temps pour la campagne de semis principale qui démarre en mai ;

- accroître la production irriguée de contre-saison ;

- aider les éleveurs frappés par la sécheresse, y compris par la distribution d’aliments pour animaux et de bons d’achat pour remettre en état les pâturages naturels et les points d’eau ; la production de fourrage ; la réduction du cheptel, et la fourniture d’intrants vétérinaires ;

- instaurer des pratiques de nutrition intégrées par l’agriculture, l’élevage, les potagers scolaires, et l’éducation nutritionnelle pour les mères de famille ;

- renforcer les systèmes d’information sur la sécurité alimentaire, d’alerte rapide et de coordination.
Le Directeur général de la FAO a expliqué que l’encadrement régional et local, sous la coordination des Nations Unies, sera crucial pour la réussite d’une approche sur deux fronts qui vise à répondre aux besoins immédiats de nourriture, tout en protégeant les actifs et les moyens d’existence des agriculteurs et des éleveurs en renforçant leurs capacités de résilience à long terme.

« Pour éviter une autre catastrophe, les interventions humanitaires et ciblées sur les moyens d’existence doivent être financées et mises en œuvre à une échelle garantissant la protection de toutes les communautés vulnérables avant que celles-ci ne soient contraintes de liquider leurs biens », a-t-il ajouté.


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