Pays émergents

La pauvreté se réduit dans les pays émergents

Rapport sur le développement humain de l’ONU

Céline Tabou / 15 mars 2013

D’après un rapport des Nations Unies, rendu public le jeudi 14 mars, « la croissance rapide des pays en développement arrache des millions de gens à la pauvreté à un rythme sans précédent et reconfigure le système international dans son ensemble ».

L’édition 2013 du Rapport sur le développement humain, intitulé “L’essor du Sud : le progrès humain dans un monde diversifié”, a indiqué que « l’émergence du Sud est sans précédent par sa rapidité et son ampleur » . Par pays du Sud, les Nations Unies désignent les pays en développement et, par Nord, les pays développés.

Un « rééquilibrage global »

« Jamais les conditions de vie et les perspectives de tant de personnes n’ont évolué de manière aussi rapide et spectaculaire », se sont étonnés les rapporteurs. Le rapport précise que « ce changement est marqué par un rééquilibrage global plus important que celui observé pendant la Révolution industrielle » . Les pays en voie de développement sont devenus « la principale force motrice de la croissance économique mondiale et du changement sociétal pour la première fois depuis des siècles » . Khalid Malik, principal auteur du rapport, a indiqué qu’à la différence de la Révolution industrielle qui a touché une centaine de millions de personnes, l’Histoire « qui s’écrit aujourd’hui en touche des milliards ». Helen Clark, administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a lancé ce rapport en présence du Président mexicain, Enrique Peña Nieto, à Mexico, au Mexique.

La croissance des économies émergentes, comme la Chine, l’Inde et le Brésil, au cours des 20 dernières années, a permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté. Les rapporteurs estiment que d’ici à 2020, « la production combinée de ces trois pays dépassera celle du groupe formé par les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, l’Italie et le Canada » . Le bouleversement de l’ordre mondial est en cours et devrait continuer dans les années à venir, car « l’émergence du Sud va bien au-delà de ces trois poids lourds, alors que plus de 40 pays en développement ont su faire preuve, au cours de la même période, d’un élan plus important que prévu » . Parmi ces pays, l’Indonésie, le Mexique, le Bangladesh, la Tanzanie et le Yémen, qui ont enregistré « une croissance significative » . De leurs côtés, les États comme l’Afghanistan et le Pakistan ont affiché « certains des taux de croissance des plus rapides au monde, avec 3,9% et 1,7% en moyenne au cours des 12 dernières années, respectivement ».

« Des stratégies nationales intelligentes »

Le rapport a noté que les changements opérés ont été possibles grâce à des « stratégies nationales intelligentes qui ont permis aux nations du Sud de prendre part à une économie mondialisée tout en mettant l’accent sur des programmes de protection sociale pour les plus vulnérables » . Dans une démarche internationale, les États du Sud ne se sont pas contentés de « leur part du gâteau », mais ont amélioré « les services de santé et éducatifs, à l’appui de leur croissance, à l’opposé des mesures d’austérité privilégiées par de nombreux pays développés, qui amputent les programmes sociaux au nom de la crise économique ».

Les programmes de lutte contre la pauvreté et les inégalités ont permis à la classe moyenne des pays du Sud de s’épanouir. D’ici à 2030, 80% des classes moyennes mondiales résideront dans les pays en développement et représenteront 70% des dépenses totales liées à la consommation. Les télécommunications et internet sont des facteurs de la croissance dans le Sud. Le rapport donne l’exemple du continent africain, où « la téléphonie mobile produite en Asie a facilité l’accès aux services bancaires, améliorant les performances sur le marché ainsi que les profits des petits producteurs agricoles ». S’ajoute la hausse des échanges commerciaux, des partenariats et des projets de coopération Sud-Sud, qui « devraient bientôt dépasser ceux qui se nouent entre nations développées » , a noté le rapport.

« Les partenaires émergents des pays en développement sont d’ores et déjà à l’origine de politiques sociales et économiques innovantes et sont des acteurs majeurs dans le commerce, les investissements et le développement d’autres pays en développement » , a relevé Helen Clark. De plus, les migrations d’un pays en développement à un autre ont dépassé les flux migratoires Sud-Nord. « Dans un monde en pleine métamorphose, les populations se font souvent à l’intérieur même du Sud et non plus du Nord vers le Sud » , a expliqué le Directeur régional du PNUD pour l’Asie-Pacifique, Ajay Chhibber.

Céline Tabou

« L’autonomisation des femmes, primordiale pour une croissance durable »

En dépit des nombreux efforts réalisés, des défis persistent dans les pays du sud, avec le vieillissement de la population vieillissante, la détérioration de l’environnement et la persistance d’inégalités. «  Dans les 104 pays pris en compte dans le rapport, près de 30% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté » , ont expliqué les rapporteurs. Pour permettre le développement humain des États du Sud, l’éducation des filles et l’autonomisation des femmes sont des conditions primordiales. Cependant, de nombreuses disparités persistent entre hommes et femmes. « L’inégalité entre les sexes est non seulement tragique parce qu’elle exclut les femmes des opportunités sociales de base, mais aussi parce qu’elle met en danger les perspectives d’avenir des générations futures » , a souligné le rapport.



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  • La pauvreté comme la richesse est une composante de la société, structurelle et mécanique, aussi relative qu’incontournable ; et les inégalités de toutes sortes en résultent.
    En prendre conscience serait le premier pas à faire pour atténuer cette pauvreté et ces inégalités, voire les maîtriser, défaut de pouvoir les éradiquer.
    La preuve a en effet été largement administrée, depuis plus 20 siècles, que les raisonnements, les doctrines, les idéologies, ainsi que les méthodes appliquées pour les combattre n’ont fait que les augmenter et les exacerber.
    Aussi la surprise que semblent prouver certains, à la découverte de ce qu’est la pyramide sociale, est-elle aussi consternante que sont sommaires les conclusions qu’ils en tirent et les solutions qu’ils avancent pour y remédier.Et il en sera de même tant que manquera aux déclarations les mieux intentionnées l’intgration du fait démographique, que Marx lui-mme a ignoré, jusqu’à ce que de nos jours la dimension désormais planétaire de la pauvreté, donne un sérieux coup de vieux à la lutte des classes et à l’affrontement gauche/droite.
    La pauvreté comme la richesse est une composante de la société, structurelle et mécanique, aussi relative qu’incontournable ; et les inégalités de toutes sortes en résultent. En prendre conscience serait le premier pas à faire pour atténuer cette pauvreté et ces ingalités, voire les maîtriser, à défaut de pouvoir les éradiquer. La preuve a en effet été largement administrée, depuis plus 20 siècles, que les raisonnements, les doctrines ainsi que les méthodes appliquées pour les combattre n’ont fait que les augmenter et les exacerber.
    En occident comme ailleurs, dans les pays développés comme dans les autres, la socit des hommes est, a toujours été et sera jusqu sa fin, irrévocablement faite d’inégalités. L’exception y domine la masse ; le pouvoir y domine le peuple, la force la faiblesse, l’intelligence la sottise, le savoir l’ignorance , la richesse la pauvreté etc. ; dans tous leurs aspects. Et plus les richesses augmentent quelles soient d’ordre matériel ou immatériel , plus s’accroît l’écart entre un sommet qui n’a pas d’autres limites que l’ambition humaine et les capacités de la planète et, à l’opposé, une base où règnent la pauvreté absolue et l’indignité, dernier état de notre condition.
    Il existe des chiffres et un mécanisme vieux comme le monde, dont il faudrait pourtant avoir clairement conscience avant de tenter sincèrement quoi que ce soit d’utile pour secourir durablement les plus nécessiteux d’entre nous, qu’il s’agisse de nations, de régions, comme d’individus. Or l’élite manque du courage, non seulement d’affronter mais simplement d’évoquer ce mécanisme infernal. A fortiori la pseudo élite se nourrissant de la pense unique et ceux qui la suivent en prisonniers iédologiques.
    A l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en compte plus de 7 milliards aujourdhui, dont 1,2 à 1,4 milliard vivent dans un état de pauvreté profonde. L’homme et le progrès dont il est porteur ont ainsi créé, en 20 siècles, 5 fois plus de miséreux qu’il n’y avait d’individus de toutes conditions sur terre au début de leur entreprise. Et la population augmente, quotidiennement, de 220 à 250 000 âmes qui viennent dans leur grande majorité surpeupler la base dune société dans laquelle le "descenseur social" prend le pas sur l’ascenseur du même nom démontrant, s’il en était besoin, que la pauvreté est plus facile à partager que la richesse.
    Outre le véritable escamotage du fait démographique par la plupart des "docteurs" penchés sur le cas des pauvres, la pyramide sociale, pour aussi schématique qu’elle soit, met pourtant en évidence le fait que les pauvres des uns sont les riches des autres, dans une relativité universelle dont non seulement les uns et les autres se moquent, mais qu’ils contribuent masquer avec un égoisme comparable à celui des riches du sommet qu’ils ne font qu’imiter et jalouser dans leur impuissance. Tous ceux qui confondent richesse avec confort et bonheur avec richesse, démontrent ainsi que le sort d’un milliard et demi de pauvres réels et profonds leur importe peu, comparé aux enjeux de leur propre lutte, se limitant à arracher à leurs riches ce qu’ils leur envient, avec une rapacité au moins égale à la leur. Mais le plus grave est qu’en dépit de leurs généreux principes, ils méprisent ainsi ceux dont ils sont eux-mêmes les riches et se prétendent les défenseurs. Ils négligent, dans un egoisme médian qui vaut n’importe quel autre, que tout ce qu’ils parviennent à obtenir pour améliorer leur propre confort est autant de moins pour plus pauvres qu’eux et, in fine, pour ces pauvres authentiques auxquels ils contribuent à arracher littéralement le pain de la bouche.
    Aucune résignation dans ce qui précède, mais bien au contraire un appel à regarder la pauvreté pour ce qu’elle est réellement, à une échelle planétaire qui concerne dorénavant chacun d’entre nous, du plus humble au plus riche. L’histoire nous enseigne qu’une révolution chasse l’autre ... jusqu’à celle d’après, aucune n’ayant jamais changé durablement quoi que ce soit à un ordre établi dont il serait temps de prendre conscience et de tenir compte avec l’intelligence dont l’homme est censé être doté.

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