Pays émergents

La stratégie des États-Unis pour l’Afrique centrale et australe dévoilée

Hilary Clinton à Dakar

Témoignages.re / 3 août 2012

La Secrétaire d’État américaine, Hillary Rodham Clinton, a révélé mercredi à Dakar que la stratégie globale de l’administration Obama pour l’Afrique sub-saharienne se basait sur quatre piliers : promouvoir les opportunités et le développement ; encourager la croissance économique, le commerce et les investissements ; promouvoir la paix et la sécurité ; et renforcer les institutions démocratiques. Le diplomate américain a fait cette annonce au Sénégal, première étape d’une tournée dans six États africains. Le choix est tout un symbole. Le Sénégal était avant son indépendance une des plus anciennes colonies françaises, mais aujourd’hui les États-Unis n’hésitent plus à s’imposer dans l’ancien "pré carré" de la France.

En présentant ces quatre piliers, dans un discours largement applaudi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Mme Clinton a indiqué que s’agissant du développement, les États-Unis se basaient sur les progrès de programmes comme la Loi sur la croissance et les opportunités en Afrique (AGAOA), le Plan présidentiel d’urgence pour le SIDA (PEPFAR) et le Millenium Challenge Compact (MCC) et les leçons tirées au cours des décennies écoulées.
« Nous poursuivons ce que l’on appelle l’appropriation par les pays de leur développement. Ce qui signifie les propres efforts d’une nation pour tirer sa population de la pauvreté, améliorer la santé et l’éducation, développer votre économie sont menés, planifiés et finalement mis en œuvre par votre propre gouvernement, vos propres communautés, votre propre société civile, votre propre secteur privé », a-t-elle expliqué.

Pour l’intégration économique

Concernant le second pilier, qui stimule la croissance économique, le commerce et l’investissement, Mme Clinton a noté que les États-Unis travailleraient avec l’Afrique pour encourager le commerce intra-africain et assurer une plus grande intégration pour favoriser une croissance économique plus rapide.
« Nous encourageons une plus grande intégration économique entre les voisins d’une même région. Si l’on regarde l’Afrique sub-saharienne et les obstacles à la croissance qui s’y trouvent, la plupart sont ceux qui existent entre les pays voisins. Si les pays et les régions d’Afrique avaient des relations commerciales aussi poussées que ceux d’Amérique latine ou d’Asie, leur croissance serait plus rapide », a estimé Mme Clinton.
Sur le troisième pilier, qui est un engagement pour une résolution commune des problèmes de sécurité régionaux, la Secrétaire d’État a souligné le rôle de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tout en promettant que les États-Unis continueraient à travailler avec elles pour combattre le terrorisme, repousser les menaces régionales comme le trafic de drogue et soutenir la paix et la sécurité dans la région et le monde.

Soutien appuyé au Sénégal

Concernant le renforcement des institutions démocratiques, qui est le quatrième pilier, Mme Clinton a indiqué qu’il était basé sur le soutien constant de son pays à la démocratie et aux droits de l’homme et l’aide aux autres nations et peuples à réaliser leurs propres aspirations.
« Avec chaque mesure, les démocraties deviennent de meilleurs voisins et de meilleurs partenaires. Elles sont davantage capabes de travailler ensemble à la résolution des défis communs. Elles innovent plus. Elles donnent aux populations un moyen de consacrer leur énergie à un engagement politique, économique et civique, qui freine l’avancée de l’extrémisme. Et des sociétés ouvertes offrent plus d’opportunités d’échanges économiques, universitaires, culturels et personnels, qui sont le fondement de la paix », a-t-elle déclaré.
Avant son discours, la Secrétaire d’État américaine a rencontré le président sénégalais, Macky Sall, avec qui elle a évoqué plusieurs sujets ayant trait à l’économie et la sécurité régionale ainsi que la coopération des États-Unis avec le Sénégal.
« Les États-Unis sont très impressionnés et admirent la résilience du peuple sénégalais, son engagement en faveur de la démocratie, et nous voulons être un bon partenaire et un ami alors que vous continuez à bâtir cette importante nation pour en faire un modèle non seulement pour le peuple sénégalais, mais aussi pour le monde entier », a-t-elle déclaré.
Mme Clinton devait quitter hier le Sénégal pour le Soudan du Sud, où elle rencontrera le président Salva Kiir pour réaffirmer le soutien des États-Unis et encourager la progression des négociations avec le Soudan pour parvenir à un accord sur les questions de la sécurité, du pétrole et de la nationalité. 

Le monde change

450 millions de dollars des USA pour le Sénégal

La Secrétaire d’État américaine, Hillary Rodham Clinton, en visite à Dakar, a déclaré que le Millenium Challenge Compact (MCC) de 450 millions de dollars de son pays pour le Sénégal était un des plus importants du monde.
En s’exprimant mercredi au Sénégal, première étape de sa tournée dans six pays africains, elle a indiqué que ce contrat aidait le Sénégal à améliorer ses infrastructures routières, construire des ponts, irriguer environ 90.000 hectares de terres cultivables et à faciliter l’accès de la production agricole aux marchés.
« En outre, cette année, l’Agence américaine pour le développement international investit 19 millions de dollars pour construire des écoles et former des enseignants, 17 millions de dollars pour appuyer l’approvisionnement alimentaire, 55 millions de dollars pour améliorer la santé publique », a rappelé la Secrétaire d’État américaine.
Créé par le Congrès américain en 2004, le MCC est une agence d’aide à l’étranger innovante et indépendante qui participe à la lutte contre la pauvreté dans le monde. 
Il accorde à des pays qui font de bonnes performances des subventions à grande échelle pour financer des solutions nationales de réduction de la pauvreté à travers une croissance économique durable.
Seuls les pays qui pratiquent la bonne gouvernance, la liberté économique et qui investissent dans leurs citoyens sont éligibles à des partenariats MCC, dans le cadre desquels des subventions sur cinq ans sont accordées à ces pays.
Parité au Sénégal

65 députés sur 150 sont des femmes

Mercredi, au premier jour de sa visite de 48 heures au Sénégal, la Secrétaire d’État américaine, Hillary Rodham Clinton, a salué le rôle croissant des femmes dans la vie politique de ce pays, en particulier l’élection de 65 femmes sur les 150 membres de l’Assemblée nationale.
« J’ai été particulièrement impressionnée que les Sénégalais aient élu des femmes pour occuper 65 des 150 sièges de la nouvelle Assemblée nationale », a-t-elle indiqué mercredi dans un discours à l’Université Cheikh Anta Diop, notant que cela donnait au Sénégal un des plus fort pourcentage au monde de femmes dans une institution directement élue.
« Évidemment, cela est parfaitement logique parce que les démocraties doivent s’ouvrir et inclure tous leurs citoyens, hommes et femmes, non seulement pour voter mais également avoir une chance de participer et de diriger. Et les Sénégalaises ont joué un rôle déterminant dans la bonne marche des élections, y compris avec la Plateforme des femmes pour des élections pacifiques, un réseau de plus de 60 organisations », a-t-elle souligné.


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