Pays émergents

Le Bénin appelle l’ONU à l’aide

2000 personnes déplacées

Céline Tabou / 23 octobre 2012

Depuis le mois d’août, le Bénin subit des pluies diluviennes qui ont causé d’importants dégâts matériels. En visite dans le pays, Valérie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires et coordonnatrice des secours d’urgence est venue constater sur le terrain, l’ampleur des dommages.

Le nord du pays est la zone la plus touchée, avec une dizaine de victimes et des dégâts matériels considérables. Toutefois, dans le Sud-est, des cultures ont été dévastées, des maisons détruites et des salles de classe sont toujours sous les eaux, dans la commune de Bonou, située à 80 km de Cotonou, la plus grande ville du Bénin.

Le Bénin sollicite l’aide des Nations unies

Marcel de Souza, ministre béninois du Développement, a indiqué que la visite de la secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires et coordonnatrice des secours d’urgence découlait de la demande d’aide faite à l’ONU. « Nous attendons que vous puissiez nous aider à construire des digues et nous pourvoir en équipements de voirie pour faire face à la gestion des inondations. Nous aider également à nous approvisionner en tentes et matériaux de construction afin d’abriter provisoirement ou carrément de reloger une fois pour de bon les populations sinistrées de nos villes et campagnes », a déclaré Benoît Dègla, ministre béninois de l’Intérieur sur Afrik.com.

Face à l’ampleur de la situation, Valérie Amos a indiqué que les Nations unies devaient aider le Bénin. « Il est évident que nous ne pouvons pas arrêter les inondations. Mais on peut prévenir ses impacts. Il faudra donc renforcer les systèmes d’alerte précoces. Dans le long terme, nous travaillons avec le gouvernement béninois à reloger les populations sinistrées », a-t-elle assuré. Invitée par le Président Yayi Boni, cette dernière s’est rendue dans la basse vallée du fleuve Ouémé, où plus de 2.000 personnes ont été déplacées en septembre du fait des inondations.

En deux ans, la dette des inondations du Bénin s’est élevée à plus de 500 milliards de FCFA, près de 763 millions d’euros. Devant encore gérer les conséquences des pluies saisonnières, le gouvernement a annoncé avoir besoin de 128 milliards de FCFA, plus de 196 millions d’euros, seulement pour l’année 2012.

Une approche plus intégrée des crises

« Nous devons changer notre manière de traiter les crises humanitaires et appuyer les gouvernements pour améliorer la préparation et accroître les capacités et les mécanismes d’adaptation des communautés et des ménages confrontés à des inondations », a déclaré Valerie Amos, cité par l’agence de presse africaine APO (African Press Organization).

Cette dernière a ajouté que « les partenaires humanitaires et au développement doivent soutenir les efforts des autorités pour mieux informer les gens, afin qu’ils soient en mesure de faire face aux conséquences du changement climatique ». « Nous ne pouvons pas empêcher les inondations, mais nous pouvons faire en sorte que les gens en connaissent les conséquences », a-t-elle indiqué. En 2010, plus de 1.700.000 personnes avaient été affectées par les intempéries en Afrique de l’Ouest, dont 700.000 au Bénin. La crue du fleuve Niger a également affecté plus de 55.000 personnes dans le nord du Bénin.

 Céline Tabou  


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