Pays émergents

Les Chinois sur la Lune

Le rover « Lapin de Jade » s’est posé samedi

Céline Tabou / 16 décembre 2013

Une sonde spatiale s’est posée sur la Lune samedi 14 décembre. Il s’agit, selon les médias chinois, du premier véhicule d’exploration lunaire téléguidé du pays, baptisé « Lapin de jade ». La Chine devient ainsi le troisième pays à s’être posé sur la Lune.

Etape cruciale pour le programme spatial chinois, l’atterrissage de Cheng’e-3 sur le sol lunaire est une première depuis 1976, année à laquelle la mission soviétique Luna 24 s’est posée. Avec ce « succès », Pékin souhaite désormais créer une station spatiale et explorer la Lune par des robots.

Le « Lapin de jade » devra effectuer des analyses scientifiques, notamment géologiques, grâce à ses panneaux solaires lui permettant de se fournir en énergie. L’engin enverra aussi vers la Terre des images en trois dimensions de son satellite. Opérationnel pendant trois mois, il devrait se déplacer à une vitesse maximale de 200 mètres par heure.

Signe de puissance

D’après Isabelle Sourbès-Verger, directrice de recherche au CNRS, sur le “Journal du Dimanche”, « Les Chinois et les Indiens assimilent le développement technologique et scientifique au spatial ». Cette conquête spatiale permet au pays de montrer qu’il est égal aux puissances occidentales. « Ils veulent détenir le label et montrer qu’ils ont acquis les connaissances et la maturité technologiques nécessaires », a indiqué cette dernière. Symbole de puissance, la conquête de l’espace est un prestige international que certains pays souhaitent acquérir coûte que coûte, comme l’Inde.

Car celle-ci s’accompagne d’une montée de la fierté nationale : « Quand certains disent que les Indiens les plus pauvres préféreraient que l’on construise des hôpitaux plutôt que d’envoyer des fusées dans l’espace, ils n’ont pas entièrement tort. Mais les Indiens les plus pauvres sont fiers aussi d’appartenir à un pays qui compte parmi les puissances spatiales », a expliqué Gopal Roaj, auteur de “Histoire du programme spatial indien”, cité par FranceTv.

« Les voyages vers la Lune ont toujours eu une dimension de prestige, mais également scientifique. La Lune pourrait présenter de nouveaux atouts avec des forages miniers pour du combustible nucléaire », a affirmé à l’“Agence France Presse” Morris Jones, expert australien des questions spatiales.

Accompagne le développement économique

Pour Pékin, « la mission de la sonde lunaire porte les rêves spatiaux de la nation et du peuple chinois », avec comme objectif une « utilisation pacifique de l’espace en faveur de l’humanité ». « Le rêve spatial, source de fierté et d’inspiration nationale pour poursuivre le développement, fait partie du rêve de rendre la Chine plus forte et aidera certainement à réaliser le rêve plus large du grand renouveau de la nation », a expliqué “Le Quotidien du Peuple”.

Cette fierté se répercute au plan économique, car il est de plus en plus difficile pour les États de se passer de satellites. Ces derniers jouant un rôle important la vie quotidienne : les GPS, les téléphones portables ou encore les retransmissions télévisées. D’après les économistes, l’utilisation de satellites accompagne le développement technologique et économique des pays.

« Dans des pays aussi vastes, un satellite permet d’établir des réseaux de téléphonie plus facilement et moins cher que par voie terrestre. Il permet d’informer les agriculteurs des prévisions météo, des cours des fruits et légumes. Il permet d’anticiper des catastrophes naturelles, mais aussi d’organiser du télé-enseignement dans les bourgs isolés », a indiqué Gopal Roaj.

Céline Tabou


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