Pays émergents

Les entreprises étrangères privent l’Afrique de plusieurs milliards de dollars par an

Le pillage de notre continent continue

Témoignages.re / 31 juillet 2012

Les entreprises étrangères qui opèrent en Afrique détournent chaque année 1,5 milliard de dollars du continent sous la forme de devises, ce qui entraîne une hausse de l’inflation et un accroissement des écarts de revenus, selon un rapport d’un groupe de réflexion appuyé par l’Union africaine.

Ce rapport du Panel de Haut Niveau sur les flux financiers illicites en provenance de l’Afrique, un groupe créé par les ministres africains des Affaires étrangères en 2011, sous la direction de l’ex-président sud-africain, Thabo Mbeki, a indiqué que ces fonds étaient réexpédiés dans les pays riches, privant le continent de ces devises.
Le rapport s’est penché sur le rôle des sociétés multinationales dans ce que certains ont appelé le plus gros sabotage économique de l’Afrique, car il « perpétue la dépendance économique de l’Afrique envers les autres régions.
L’épuisement des investissements et l’étouffement de la concurrence causés par ces transferts illicites minent le commerce et précarisent le tissu socio-économique des communautés pauvres d’Afrique »,
souligne le rapport intitulé "Flux financiers illicites en provenance de l’Afrique : Ampleur et défis posés au développement".

Des transferts illicites de fonds

Il lie ces transferts illicites à une espérance de vie plus courte du fait de la limitation des dépenses dans les services sociaux comme la santé, selon la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).
La Commission Mbeki est chargée de recommander des politiques appropriées pour lutter contre ce phénomène et obtenir le rapatriement des fonds dérobés au continent.
Depuis le début des années 60, quand les multinationales se sont implantées en Afrique, « l’investissement étranger direct de ces multinationales aurait pu atteindre 1500 milliards de dollars, même si la plupart de ces sommes sont investies dans les pays développés ».
« En plus des entreprises locales, les principaux responsables de la falsification des prix sur le marché sont les multinationales » en raison de leur « forte présence et de leur influence au plan mondial, qui facilitent le transfert illicite de fonds », a-t-il souligné.
L’Organisation mondiale du commerce (OMC) estime que les multinationales contrôlent environ 60% du commerce mondial, ce qui représente environ 40.000 milliards de dollars.

Trois fois la "dette" des pays africains

L’Afrique a perdu environ 854 milliards de dollars dans ces flux financiers sur une période de 39 ans (1970-2008) ; ce qui fait en moyenne 22 milliards par an, comparé à la dette extérieure du continent et à l’aide publique au développement (APD) reçue au cours de la même période.
Un tiers des pertes associées aux flux financiers illicites auraient suffi à couvrir totalement la dette extérieure du continent qui a atteint 279 milliards de dollars en 2008.
Plus de 60 pour cent des sorties d’argent ont été attribuées à seulement deux régions, à savoir l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord, avec 38% et 28%, respectivement.
L’Afrique australe, orientale et centrale ont à leur actif environ 10% des flux financiers illicites en Afrique selon les données disponibles.

1,5 million d’euros de l’Espagne au Niger pour la gestion de la crise alimentaire

Le Royaume d’Espagne a accordé vendredi au Niger un montant de 1,5 million d’euros, soit environ 1 milliard de francs CFA, destinés au dispositif national de prévention et de gestion de la crise alimentaire et des catastrophes mis en place par l’Etat du Niger.
La convention de subvention a été signée entre le directeur de Cabinet du Premier ministre, Seydou Sidibé et le secrétaire d’Etat à la Coopération du Royaume d’Espagne, Jesus Gracia Aldaz.
Le directeur de Cabinet du Premier ministre s’est réjoui de la coopération espagnole « toujours aux côtés du gouvernement nigérien » pour la lutte en vue d’assurer une sécurité alimentaire permanente aux populations nigériennes et pour que l’initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens) soit une réalité.
Rappelant que la coopération bilatérale nigéro-espagnole existe depuis fort longtemps, le secrétaire d’Etat espagnol s’est réjoui de la bonne exécution récente du programme quadriennal de coopération et a espéré voir ce partenariat entre les deux pays se pérenniser et se diversifier davantage pour le développement du Niger et la sécurité alimentaire de ses populations.


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