Pays émergents

Les mineurs pointés du doigt

Grève en Afrique du Sud

Céline Tabou / 19 octobre 2012

Le président sud-africain, Jacob Zuma, a exhorté lors d’une conférence de presse mercredi 17 octobre, les mineurs à cesser leur grève. Ce dernier a également souhaité la tenue d’une nouvelle réunion avec les partenaires sociaux, représentants des syndicats et du patronat. Après plus de deux mois de grèves sauvages dans le secteur minier, l’économie du pays montre des signes de faiblesses.

La baisse du rand (monnaie sud-africaine), la dégradation de la note sud-africaine par les agences de notation et les grèves successives, Jacob Zuma a tenté une nouvelle fois de mettre fin à la crise. Ce dernier a déclaré « nous appelons les travailleurs participant à des grèves sauvages à retourner au travail dès que possible ». Décrié par la population pour sa mauvaise gestion de la crise, les inégalités criantes entre Blancs et Noirs ainsi que la détention des pouvoirs économiques par les Blancs, le président sud-africain a promis de s’occuper des doléances légitimes et notamment de lancer un plan pour le logement des mineurs.
Pour atténuer ces difficultés économiques, Jacob Zuma a annoncé que « les partis appellent les présidents et les directeurs exécutifs du privé, ainsi que les responsables du secteur public à se mettre d’accord pour geler leurs augmentations de salaire et leur bonus pendant les douze prochains mois : un signal fort de l’engagement à construire une économie équitable ». Ce geste symbolique n’apaisera pas les revendications des mineurs.

Le travail a repris

Les mineurs ont tous repris le travail dans la mine d’or de Beatrix et partiellement dans celle de KDC West, où environ 80% des grévistes ont pointé, soit plus de 8.000 personnes, a annoncé le groupe Gold Fields. Ce groupe avait menacé de licencier tous les mineurs s’ils continuaient le mouvement après 14 heures. De son côté, le site de KDC West, au sud-ouest de Johannesburg, est paralysé depuis le 9 septembre, par une grève menée par 11.000 grévistes sur les 14.300 employés.
Des grévistes ont indiqué à l’agence SAPA qu’ils empêcheraient leurs camarades d’aller à la mine vendredi matin. « Personne n’ira sous terre demain. Nous irons aux puits et empêcherons les mineurs de descendre sous terre », a déclaré leur représentant Vusi Tshomela. Cette détermination pourrait faire front aux intentions des dirigeants qui ont indiqué que « nous avons un service de sécurité très présent. Nous ferons tout ce qui est possible pour permettre aux gens d’aller travailler en sécurité ». À contrario, le Syndicat national des mineurs (NUM, majoritaire) a félicité les membres du syndicat qui ont repris le travail « à une écrasante majorité ».
La Chambre des mines a annoncé l’attribution de primes et d’avantages à tous les mineurs qui auront repris le travail. L’objectif de l’institution est de tenter de mettre fin au conflit qui s’est étendu à la plupart des mines d’or d’Afrique du Sud, suite aux grèves sauvages dans les mines de platine, en août dernier.

 Céline Tabou  


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