Pays émergents

Nkosazana Dlamini-Zuma en Chine

La présidente de la Commission de l’Union africaine invitée par le ministre chinois des Affaires étrangères

Céline Tabou / 13 février 2013

La présidente de la Commission de l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, se rendra en Chine du 14 au 17 février, sur invitation de Yang Jiechi, ministre chinois des Affaires étrangères. Quelques jours après le Sommet des chefs d’État de l’Union africaine, la nouvelle présidente, élue l’an dernier, se rendra également au 5ème Dialogue entre la Chine et l’UA.

Lancés en 2008, les dialogues entre les représentants chinois et ceux de l’Union africaine ont pour objectif de consolider la coopération bilatérale entre la Chine et l’UA. Déjà en 2010, les hauts responsables chinois saluaient les relations bilatérales, avec comme perspective pour la Chine de développer « le dialogue entre les deux parties et promouvoir la confiance politique et la coordination sur les principales questions internationales avec l’UA », avait expliqué Yang Jiechi.

En juillet 2012, le Président Hu Jintao avait annoncé le doublement des crédits chinois au continent africain, pour un total de 16,3 milliards d’euros, afin de soutenir les infrastructures, l’agriculture, l’industrie manufacturière et le développement des petites et moyennes entreprises. Cette annonce a marqué la présence grandissante de la Chine sur le continent. D’autant plus que les relations commerciales et financières de la plupart des pays africains en voie de développement avec l’Occident sont passées de 60% à 30% en 20 ans.

Une présence solide en Afrique

80% des achats chinois à l’Afrique se portent principalement sur le pétrole brut, le minerai de fer, le manganèse et le cuivre, ainsi que le bois et le cobalt. En contrepartie, la Chine contribue au développement du continent avec la construction d’infrastructures (constructions de routes, d’hôpitaux et autres bâtiments ou encore des remises à niveau de lignes ferroviaires) ainsi que pour des projets pétroliers — notamment au Niger — jugés insuffisamment rentables par les entreprises occidentales.

La Chine devenue premier partenaire commercial de l’Afrique, le Président Hu Jintao s’est engagé à continuer à augmenter son aide à l’Afrique, tout comme son successeur, Xi Jinping. Parmi les récentes mesures, la formation de 30.000 personnes, l’allocation de bourses à 18.000 étudiants et l’envoi de 1.500 personnels médicaux sur place. Du côté africain, les relations sont saluées, mais la prudence reste de mise. Le président sud-africain Jacob Zuma a prévenu, en novembre 2012, qu’il ne fallait pas retomber dans les anciens schémas, où l’Afrique est un marché de consommation et une source d’approvisionnement en matières premières. « L’Afrique a montré qu’elle contribue au développement de la Chine en lui fournissant des matières premières et en procédant à des transferts de technologie. Ce modèle n’est pas soutenable à long terme », a-t-il conclu au forum de coopération Chine-Afrique qui s’est tenu à Pékin, en appelant à un partage équilibré des échanges commerciaux.

Céline Tabou


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