Pays émergents

Nouvelle journée de violence en Afrique du Sud

Quatre blessés dans une mine

Céline Tabou / 5 septembre 2012

Quatre blessés ont été recensés dans une mine d’or sud-africaine lundi, après que les forces de l’ordre aient donné l’assaut contre les grévistes. Cette montée de la violence intervient au moment où la justice allait libérer une cinquantaine d’ouvriers arrêtés lors de la fusillade du 16 août sur le site de Marikana, qui a fait 34 morts et 78 blessés.

Depuis le début de l’année, l’Afrique du Sud est le théâtre de violence entre ouvriers des mines d’or et de platine et la police. En effet, les ouvriers demandent une hausse de leur salaire, ce que les dirigeants des mines refusent ou tentent de négocier.

Ce conflit met en exergue les différences entre les Blancs et les Noirs dans le monde économique. Conservée entre les mains des Blancs, l’économie sud-africaine reste encore disparate et très inégalitaire, comme l’a relevé le Président Jacob Zuma.

Des grèves successives

Selon le porte-parole de la police, Pinky Tsinyane, près de 200 hommes armés de bâtons et de barres de fer ont tenté de bloquer les accès à la mine d’or de Modder East, à Springs, quand la police est intervenue. Ce dernier a confirmé l’hospitalisation de quatre personnes, « mais nous ne pouvons pas dire si elles ont toutes été blessées par balle ou agressées par les ex-mineurs. Une enquête est en cours », a-t-il précisé à l’“Agence France Presse”.

La soixantaine de manifestants de la compagnie Gold One ont été délogés des accès de la mine, « après avoir tenté d’obtenir la dispersion des manifestants, et fait usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc en fin de matinée », a indiqué la Direction de la mine. Cette grève n’est pas la première dans le pays, des mineurs appellent à la mobilisation qui sera quelques heures plus tard jugée illégale par la justice. Par la suite, les forces de l’ordre peuvent intervenir, mais très souvent, la Direction décide de licencier les grévistes, « avant de commencer à les réembaucher une fois le calme revenu ».

Début 2012, la mine de platine d’Impala Platinum à Rustenburg (Nord) a été arrêtée suite à plusieurs semaines de grève illégale, qui a entrainé des violences faisant trois morts et plusieurs blessés. A Modder East, Gold One avait licencié 1.044 personnes, soit plus de la moitié des employés de la mine en juin après une grève sauvage organisée par le petit syndicat Ptawu, qui cherchait à devenir l’organisation représentative, a indiqué l’“AFP”.

Un drame qui avait ému tout le pays

Le point culminant de ces manifestations improvisées est le décès de 34 mineurs le 16 août à Marikana. Lors de cette fusillade, plus de 250 mineurs grévistes ont été arrêtés par la police, trois semaines plus tard, le Parquet sud-africain fait machine arrière en retirant « provisoirement » l’inculpation des mineurs grévistes pour le meurtre de 34 de leurs camarades abattus par la police le 16 août. La mine de platine de Marikana (groupe Lonmin) est à l’arrêt depuis que 3.000 foreurs se sont mis en grève le 10 août afin d’obtenir le triplement de leurs salaires.
Suite aux incidents, 140 mineurs arrêtés devaient être libérés lundi 3 septembre et les autres dans les prochains jours, mais le retard de la procédure n’a pas permis la libération des mineurs.

En ce qui concerne les mineurs, qui restent poursuivis pour complicité de meurtre, rassemblement interdit, port d’arme illégal ou menace contre des collègues non grévistes, ils ne pourront pas être libérés si leurs adresses ne sont pas correctes. Cette condition risque de poser de nombreux problèmes, car beaucoup sont des travailleurs migrants qui habitent dans des bidonvilles aux abords de la mine.

En dépit des évènements et des arrestations en masse, la mine n’a pas cédé aux revendications et les mineurs sont toujours en grève. Seuls 4,5% des employés se sont rendus au travail lundi alors que les négociations ont repris, sans aboutir pour l’instant à un accord.

 Céline Tabou  


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