Pays émergents

Ouverture d’une enquête sur l’attentat contre l’avion du président du Rwanda

Enquête sur l’élément déclencheur du génocide du Rwanda

Témoignages.re / 5 mai 2010

Le juge d’instruction français Marc Trevidic vient d’ouvrir "officiellement" une enquête pour "faire toute la lumière" sur l’attentat qui a coûté la vie à l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana et son homologue burundais Cyprien Ntaryamira le 06 avril 1994, considéré comme l’élément déclencheur du génocide des Tutsis.

Cette enquête menée par la justice française est la deuxième du genre après la précedente dont les conclusions inculpant 9 personnalités rwandaises ont conduit au mois de novembre 2006 à la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda.

La relance d’une nouvelle investigation par la justice française sur l’attentat contre l’avion de Habyarimana intervient quatre mois après la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, rappelle- t-on.

Le juge d’instruction français Marc Trevidic a déjà nommé une équipe de cinq experts en balistique qui devra effectuer une visite au Rwanda pour enquêter sur les causes et les auteurs de cet attentat, indique- t-on de source judiciaire à Kigali.

"Nous avons accueilli cette décision (de la justice française) avec satisfaction", a commenté à la PANA le ministre rwandais de la Justice, Tharcisse Karugarama.

"Le Rwanda a toujours souhaité qu’une équipe d’enquêteurs puisse se rendre sur place pour s’enquérir de la réalité [autour de cet attentat]", a déclaré M. Karugarama, sans préciser la date d’arrivée au Rwanda de cette équipe d’enquêteurs français.

Enregistreurs de vol introuvables

Lors de la première enquête judiciaire française, l’ancien juge d’instruction français Jean Louis Bruguière avait émis des mandats d’arrêt controversés contre neuf personnalités rwandaises soupçonnées d’avoir pris part à l’attentat le 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais de l’époque, Juvénal Habyarimana, un Hutu, signal déclencheur d’un génocide qui a fait selon l’ONU environ 800. 000 morts, essentiellement parmi la communauté tutsie.

Les actuelles autorités rwandaises (Tutsis pour la plupart), qui ont toujours nié avoir participé à cet attentat, ont pour leur part ouvert une autre enquête qui a fini par désigner les extrémistes Hutus, proches de l’ancien président rwandais comme les auteurs de cet attentat.

Depuis que la polémique a été soulevée sur les auteurs de cet attentat, les boîtes noires de l’apparail présidentiel, qui ont la capacité d’enregistrer tous les paramètres du vol, n’ont jusqu’ici pas été retrouvées, indique-t-on.


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