Pays émergents

Plus d’un millier de morts aux Philippines

Les dégâts d’un cyclone

Céline Tabou / 21 décembre 2011

Selon un nouveau bilan de l’organisme national pour la prévention des catastrophes, le passage de la tempête tropicale Washi a fait plus d’un millier de morts et de disparus aux Philippines. La tempête a balayé le Sud de l’archipel, détruisant principalement les régions les plus pauvres.

L’agence philippine faisait état de 662 morts et 82 disparus lundi 19, mais depuis, le bilan s’est alourdi avec la remontée des corps, dont la plupart venaient des bidonvilles sur la côte philippine. Les autorités ont annoncé la destruction de plusieurs villages suite aux inondations, de plus, de nombreuses routes et ponts ont été détruits, et plus de 47.000 personnes sont actuellement dans la rue, sans vêtements, ni nourriture.

Des villages balayés par les eaux

Une grande partie des décès se sont produits dans les villes portuaires de Cagayan de Oro et d’Iligan sur l’île de Mindanao, une des régions les plus pauvres des Philippines. Les habitants des bidonvilles ont été les premiers touchés par les inondations et glissements de terrains, du fait de la vétusté des habitations et de la surprise des habitants qui ont été réveillés par les coulées de boue. Selon la Croix-Rouge, présente sur place, la plupart des victimes sont des femmes et des enfants qui dormaient lorsque des torrents d’eau ont dévalé les montagnes de l’île de Mindanao, faisant déborder les rivières.

Les morgues et les salons funéraires sont bondés depuis le début de la catastrophe, vendredi, contraignant les autorités à organiser des inhumations de masse. Afin de limiter les risques sanitaires entraînés par la décomposition des corps, les autorités tentent d’inhumer rapidement et de rétablir l’eau courante et l’électricité.

Le secrétaire de la Défense, Avelino Cruz, et de hauts dirigeants militaires se sont rendus à Cagayan de Oro et Iligan pour superviser les opérations de sauvetage et secourir les milliers d’habitants qui ont perdu leur maison. Les autorités s’attendent à ce que le bilan des victimes s’alourdisse au fur et à mesure que les secours atteindront les villages isolés.

Une politique préventive

Face à l’intensification des risques naturels, le gouvernement philippin a depuis quelques années mis en place une politique de prévention des catastrophes naturelles, en collaboration avec les Nations unies. Dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), les Philippines participent aux Fonds pour la réalisation des OMD. Le but de ce programme est de « trouver des stratégies qui réduisent les risques associés aux changements climatiques, en particulier chez les communautés pauvres et vulnérables ».

En dépit des mesures prises précédemment, le président philippin, Benigno Aquino, a ordonné une révision des mesures de prévention concernant les catastrophes dans son pays. Chaque année, les Philippines sont traversées par une vingtaine de cyclones faisant d’importants dégâts, mais cette année, l’archipel aura vécu plusieurs catastrophes naturelles, en début et fin d’année, ralentissant l’économie, détruisant des vies et des villages.

Céline Tabou


La Réunion en pleine saison cyclonique

Comme chaque année, La Réunion connait une saison cyclonique plus ou moins dense, mais qui inquiète les météorologues, qui attestent d’une intensification des vents et des pluies. Dans son bulletin de vigilance fortes pluies du 19 au 20 décembre, Météo France a notifié que « Les seuils de fortes pluies pourront être atteints ou dépassés » dans les zones Nord, Est et Ouest de l’île. Une politique de l’adaptation à La Réunion prendrait en compte les phénomènes climatiques et de leurs montées en puissance, afin d’éviter des pertes humaines et des dégâts matériels conséquents. Avec la hausse démographique et tout ce qui en résulte, notamment l’aménagement du territoire, une politique d’adaptation et de prévention permettra de restructurer le territoire pour éviter le cyclone de 1948, qui avait fait 165 morts.

Cette politique passe par la gestion des déplacements, notamment une alternative écologique au transport, une anticipation aux plans d’urbanisme avec l’endiguement des ravines de l’île, et le remplacement des radiers. De plus, la mise en place du "Grenelle de l’adaptation au changement climatique en 2011" devra être développée dans l’île. La crise actuelle ne doit pas empêcher toutes politiques environnementales, car les conséquences financières et humaines seront plus importantes sans elles.


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