Pays émergents

Pour une gestion efficace des systèmes post-récolte en Afrique

Créer de nouvelles richesses à partir de l’agriculture

Témoignages.re / 31 mai 2010

Les chercheurs de l’Afrique de l’Ouest et du centre ont plaidé jeudi à Cotonou pour une gestion efficace des systèmes de post-récolte, afin de faire de l’agriculture un levier de développement du continent. Ces chercheurs participent à la deuxième semaine scientifique agricole qui se tient depuis mardi dans la capitale économique béninoise.

La deuxième semaine scientifique agricole de Cotonou porte sur le thème "Gestion des systèmes post-récolte des produits végétaux, animaux et halieutiques pour l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des marchés agricoles en Afrique de l’Ouest et du centre".
Dans leurs différentes interventions, ces chercheurs et experts agricoles ont démontré que « les opérations de post-récoltes constituaient une composante essentielle du continuum de la chaîne de valeurs de production marchande en Afrique de l’Ouest et du centre ».
Les systèmes post-récoltes regroupent diverses catégories d’opérations qui requièrent un certain nombre de réponses spécifiques pour relever le défi des facteurs contraignants, qui constituent, par ailleurs, les principales faiblesses de la chaîne de valeurs du continuum, ont-ils souligné.
Comment valoriser la matière première sur place ?

Dans le secteur du traitement et de la transformation, l’industrie locale (consommation) et commerciale de la sous-région est dominée par deux principaux groupes d’acteurs y compris les agro-entrepreneurs.
Il s’agit des femmes constituées en petits groupes de transformateurs intervenant dans la transformation des produits agricoles en produits alimentaires de ménages et les grands entrepreneurs qui transforment les produits agricoles en aliments industriels ou en boissons.
L’un des plus grands défis que connaît le sous-secteur de la post-production est la nécessité de renforcer les maillons indispensables de la chaîne de valeurs, mais, déplorent ils, ce secteur a été négligé dans la plupart des initiatives régionales de lutte contre l’insécurité et les pénuries alimentaires.
La matière première de qualité bord champs constitue le maillon essentiel du continuum de la chaîne post-récolte des produits, dont la carence influe directement sur les contraintes de commercialisation chez les transformateurs devant leur incapacité à répondre aux exigences du marché.
Structurer les filières

Des technologies novatrices et des stratégies appropriées devraient être élaborées pour promouvoir l’accès des grands et petits transformateurs aux prototypes de transformation modernes, ont-ils souligné.
Les nombreuses études réalisées dans la sous-région au cours des dix dernières années ont révélé de manière pertinente la nécessité de mettre l’accent sur les technologies et les techniques post-récoltes pour que l’agriculture joue convenablement sa partition, en tant que moteur de croissance économique.
Selon des études récentes, les pertes post-récoltes atteignent en Afrique de l’Ouest et du centre, plus de 30% de la production et celles relatives uniquement à la filière-riz, avoisinent parfois 2,3 milliards FCFA.


318 millions de personnes concernées

Initiée par le Conseil ouest-et-centre africain pour la recherche et le développement agricoles (CORAF), la deuxième semaine scientifique agricole de l’Afrique de l’Ouest et du centre se veut un cadre d’échanges sur les innovations agricoles, afin d’accroître la sensibilité des participants et du public sur la problématique des systèmes de post-récolte.
Elle a pour objectif, entre autre, de mobiliser les forces, l’expertise et les ressources pour l’élaboration, la promotion et le transfert des technologies post-récoltes à travers un partenariat efficace avec les principales parties prenantes y compris le secteur privé.
Elle vise également à établir une coopération dans le processus de transformation et de commercialisation en vue d’appuyer la politique de développement communautaire.
Créé en 1987, le CORAF a pour mission de parvenir à des améliorations durables de la productivité, la compétitivité des marchés agricoles en Afrique de l’Ouest et du centre, par la satisfaction des demandes principales adressées au système de recherche de la sous-région par les groupes cibles.
Il compte actuellement 22 sociétés nationales de recherches agricoles membres des pays suivants : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Cap-Vert, République centrafricaine, Tchad, Congo, Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra-Leone et Togo.
Ces pays totalisent plus de 11,5 millions de kilomètres carrés et comptent plus de 318 millions d’habitants, dont 70% vivent de l’agriculture.


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