Pays émergents

Propositions pour lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants

Après l’émotion suscitée par le meurtre de la "Fille de l’Inde"

Céline Tabou / 12 février 2013

Alors que les cinq accusés du viol et du meurtre de la « Fille de l’Inde », plaident non coupable, l’ONG Human Right Watch a publié un rapport alarmant les violences sexuelles contre des enfants qui sont passées sous silence et dont les victimes sont négligées.

Intitulé "Rompre le silence : violences sexuelles infligées aux enfants en Inde", le rapport d’HRW est un recueil d’une centaine d’interviews d’officiels gouvernementaux, de médecins, de policiers, d’avocats, d’animateurs d’associations et d’enfants. Dans un communiqué publié sur le site de l’ONG, les rapporteurs ont expliqué que « les violences sexuelles commises sur des enfants sont courantes en Inde, à un degré particulièrement préoccupant au sein des foyers, des écoles et des centres d’hébergement et de soins pour enfants ».

La responsabilité des autorités

Selon une étude du gouvernement indien datée de 2007, 53% des 12.500 enfants interrogés ont affirmé avoir été victimes d’abus, 20% sous une « forme grave », et seuls 3% de ces cas d’abus ont été signalés à la police. A cette époque, la ministre chargée des femmes et du développement de l’enfant, Renuka Chowdhury, avait évoqué le secret et la « conspiration du silence » qu’il règne au sein des familles et des victimes.
Suite à l’agression de la "Fille de l’Inde" à New Delhi, le gouvernement décide de mettre en place une commission destinée à recommander des réformes juridiques et politiques. Cette commission a conclu que les systèmes de protection des enfants « ont clairement échoué à réaliser leur objectif annoncé ». Dans les 82 pages du rapport, les humanitaires ont pointé du doigt « l’échec des réponses actuelles du gouvernement, en ce qui concerne à la fois la protection des enfants contre les abus sexuels, et le traitement des victimes ».
Le rapport dénonce les nombreux enfants qui sont, « dans les faits, maltraités une seconde fois lors d’examens médicaux traumatisants menés par la police et par d’autres représentants des autorités qui ne veulent ni écouter, ni croire leurs témoignages ». Human Rights Watch préconise la remise en cause des mécanismes de protection par les autorités, car celles-ci ne sont pas correctement appliquées, et demande une réforme du système judiciaire afin de garantir que les abus soient signalés et poursuivis en bonne et due forme.

Un système inadapté

« Le système indien de lutte contre les violences sexuelles sur les enfants n’est pas adapté, car les mécanismes gouvernementaux ne garantissent pas la protection de ces derniers », a expliqué Meenakshi Ganguly, directrice pour l’Asie du Sud chez Human Rights Watch. « Les enfants qui dénoncent courageusement des abus sexuels sont souvent éconduits ou ignorés par les policiers, le personnel médical, et les autres représentants des autorités. »
Devenus un phénomène social plus général, les abus sexuels commis sur des enfants sont « un enjeu difficile partout dans le monde, mais en Inde les défaillances des réponses fournies par l’État comme par les communautés renforcent le problème ». HRW dénonce un système de justice pénale qui doit être réformé « d’urgence » dans sa totalité, depuis la réception de la plainte par la police jusqu’au procès. Les policiers doivent être formés et doivent enregistrer les plaintes, et non, faire « subir aux victimes mauvais traitements et humiliations ». « Alors qu’il est déjà assez difficile pour un enfant sexuellement abusé, ou pour ses proches, de se présenter pour demander de l’aide, les autorités indiennes au lieu de traiter ces affaires avec sensibilité, les humilient souvent et les traumatisent à nouveau, » a affirmé Meenakshi Ganguly.
Autre raison de l’indignation des humanitaires et défenseurs des victimes : l’Inde a signé de nombreux traités internationaux fondamentaux des droits humains qui protègent les enfants, parmi lesquels le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), la Convention relative aux droits de l’enfant, et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Comme l’a rappelé HRW, ces traités obligent les Etats, de prendre des mesures pour protéger les enfants contre les violences et abus sexuels et d’offrir un recours quand les protections fondamentales ont été violées, à tous les échelons du gouvernement.

Céline Tabou



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  • Violences sexuelles faites aux enfants Malgaches.
    Les violences sexuelles faites aux enfants n’ont pas de frontieres. Ces violences sont partout. Les premieres victimes sont des enfants .
    Si ensemble nous devons condamner ce qui se passe en Inde, si ensemble nous devons tout faire pour que la loi du silence soit abolie alors regardons ce qui se passe a 800 km de chez nous. Oui a MADAGASCAR il y a des enfants victimes de cette violence inhumaine. Depuis des annees nous savons cela. Depuis des annees nous ,Reunionnaises, nous Reunionnais nous nous taisons.
    Lorsque je denonce ces violences dont les auteurs- touristes sexuels- sont parfois des Reunionnais mes ecrits sont interdits.
    Nous devons briser cette loi du silence que nous nous imposons parce que cela nous gene, parce que les auteurs sont des compatriotes.
    A chacun de mes sejours humanitaires je rencontre des autorites Malgaches souvent des Pasteurs, des Pretres . Lors de mon dernier sejour j ai rencontre un Consul de FRANCE. Toutes , Tous sont indignees, indignes de ces ignobles violences.
    Dans tous les hotels des portraits d enfants filles et garcons sont affiches pour nous montrer que OUI c est A MADAGASCAR que ces enfants sont victimes de ces violences sexuelles.
    Les autorites Malgaches, les autorites Francaises connaissent les auteurs de ces violences . Des autorites Reunionnaises sont au courant et de temps en temps ces autorites clament leurs indignations et puis plus rien...plus rien. Et pendant ce temps ces violences redoublent , redoublent parce que les auteurs, ces touristes sexuels Reunionnais ou autres ne sont pas punis , parce que les futurs auteurs ne sont pas surveilles.Ils se croient TOUT PERMIS. IGNOBLE.
    Oui la loi du silence est reelle chez NOUS. Et on laisse faire. ON LAISSE FAIRE a 800 km de chez NOUS.
    Et certaines, certains manifestent pour defendre le droit des enfants dans les rues de la capitale et se taissent sur ces enfants victimes qui sont a 800 km de chez elles, de chez eux.

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