Pays émergents

Sénégal, second tour le 25 mars

Election présidentielle

Céline Tabou / 6 mars 2012

Le second tour de l’élection présidentielle au Sénégal, opposant le chef de l’Etat et sortant Abdoulaye Wade à son ancien Premier ministre Macky Sall, devrait, selon la Constitution sénégalaise, avoir lieu le troisième dimanche suivant cette publication, soit le 25 mars.

Pays démocratique, le Sénégal vit ses plus grandes violences depuis l’indépendance de 1960, année où Léopold Sédar Senghor devient le premier président. En juin 2011, Abdoulaye Wade propose une réforme constitutionnelle permettant la victoire au candidat à la présidentielle qui remporte 25% des suffrages exprimés. Soupçonné de vouloir offrir la présidence à son fils, le président retire sa réforme lorsque des émeutes éclatent.
Au pouvoir depuis une douzaine d’années, le président Wade, successeur d’Abdou Diouf, est arrivé en tête avec 34,8% des suffrages exprimés devant Macky Sall, qui a reçu 26,5% des voix, selon des résultats officiels provisoires. Quelques semaines avant le scrutin des violences ont été éclatées entre les pros et les anti-Wade, signe « de la fracture qui existe entre le peuple réel et un régime engoncé dans une impopularité criante » écrit "Le Quotidien du Sénégal".
Le premier tour de l’élection présidentielle s’est déroulé sous haute tension, craignant un conflit violent et armé, mais la situation n’a pas dégénéré. Toutefois, Abdoulaye Wade a déposé samedi 3 mars un recours sur le vote du 1er tour dans un département du sud du Sénégal auprès du Conseil constitutionnel. L’institution a près de 5 jours pour l’examiner et publier les résultats définitifs. Appelant au calme, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon a appelé tous les acteurs concernés à faire preuve du même esprit de responsabilité civique et d’engagement démocratique tout au long du processus électoral, comme cela a été le cas au premier tour.

L’opposition s’unit contre Wade

Selon le quotidien "Rewmi", « les spécialistes l’avaient prédit, et cela semble leur donner raison. Pour battre maitre Wade, disaient-ils, il faut une opposition unie et formant un seul bloc. C’est en effet, ce qui se dessine aujourd’hui, après les résultats du premier tour ». Après avoir tenté d’invalider la candidature d’Abdoulaye Wade, jugée « illégale », car la Constitution impose deux mandats (2000 et 2007), l’opposition a décidé de se réunir contre l’actuel chef de l’état. En effet, Moustapha Niasse, le "Mouvement du 23 juin" (M23, coalition de partis d’opposition et d’organisations de la société civile), Youssou Ndour, le collectif "Yen a marre", Ousmane Tanor Dieng (Parti socialiste) et Idrissa Seck (ancien Premier ministre) ont appelé à voter pour Macky Sall.
De son côté, Abdoulaye Wade souhaite récupérer des voix chez les 48,5% d’abstentionniste, et les religieux. Pour Iba Der Thiam, membre de la coalition Fal 2012, cité par "Rewmi", l’objectif dans les jours à venir sera de « travailler sur les 1 million d’électeurs qui sont capables d‘investir dans le combat pour inverser les choses le 25 mars prochain ».
La situation actuelle n’est pas sans rappeler les évènements de l’an dernier en Côte d’Ivoire. Entre 2010 et 2011, le pays fait face à une crise politique débutée, après le second tour de l’élection présidentielle, le 31 octobre 2010. Les deux candidats en lice, Laurent Gbagbo, président sortant et reconnu par le Conseil constitutionnel, et Alassane Ouattara, reconnu par la Commission électorale indépendante et la communauté internationale, revendiquent chacun la victoire. Cette crise aurait causé la mort de 3.000 personnes et l’arrestation de Laurent Gbagbo pour vol aggravé, détournement de deniers publics, concussion, pillage et atteinte à l’économie nationale et crime contre l’humanité.

Céline Tabou


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