Pays émergents

Un musée en mémoire des prisonniers politiques exécutés par pendaison en Afrique du Sud

Mémoire et réconciliation

Témoignages.re / 21 décembre 2011

Le président sud-africain, Jacob Zuma, a officiellement ouvert mercredi dernier un musée à la mémoire de tous les prisonniers politiques exécutés à la potence de la prison centrale de Pretoria durant l’apartheid.

Le Département des services correctionnels a indiqué que l’initiative, baptisée Gallows Memorialisation Project, verra l’érection d’un mur au niveau de l’échafaud avec des plaques individuelles en mémoire de chacun des 134 prisonniers politiques exécutés.
Parmi ces derniers figure Solomon Mahlangu, un cadre de Umkhonto we Sizwe, condamné à mort par pendaison le 2 mars 1978.
La Cour suprême de Rand avait rejeté le recours en appel de Mahlangu le 24 juillet 1978, ainsi que la Cour d’appel de Bloemfontein.
Bien que différents gouvernements, les Nations unies, les organisations internationales, les organisations et éminentes personnalités aient tenté d’intervenir en son nom, Mahlangu fut exécuté le 6 avril 1979.
Parmi d’autres prisonniers politiques morts sur l’échafaud, on compte deux leaders de l’ANC du Cap oriental, Vuyisile Mini et Wilson Khayingo, tous deux exécutés en novembre 1964.
Mini, un syndicaliste qui avait rejoint l’ANC en 1951, a été accusé de 17 chefs d’inculpation de sabotage, meurtre d’un ancien informateur de la Police, mais aussi d’autres chefs d’accusation liés à la politique.
Khanyingo, quant à lui, avait accueilli temporairement dans sa maison des cadres quittant le pays ou y revenant pour mener des opérations au Cap oriental. Il a également été inculpé de 16 chefs d’accusation.
Le musée veillera à préserver l’histoire du pays et devrait jouer un rôle dans le processus de cicatrisation en vue de faciliter l’unité et la cohésion sociale.
L’échafaud de la prison, baptisé aujourd’hui C-Max Correctional Centre, a été démantelé en 1996, avant d’être restauré sur insistance du ministre des Services correctionnels, Nosiviwe Mapisa-Nqakula.
Le Département des Services correctionnels, avec l’aide des partis politiques concernés, des ONG et d’autres services gouvernementaux, a alors pris contact avec les familles des prisonniers politiques exécutés pour veiller à ce qu’elles jouent un rôle central dans la restauration de l’échafaud en mémoire de leurs proches disparus.
Deux membres de chaque famille se sont rendus à Pretoria pour visiter la prison et prendre part à la cérémonie de ce mercredi.
L’équipe chargée des personnes disparues auprès du National Prosecuting Authority a également accompagné des membres des familles des prisonniers exécutés dans les deux cimetières de la ville pour les aider à localiser les tombes de leurs proches.


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