Pays émergents

Une aide de quelques euros par personne : le ticket d’entrée des États-Unis en Somalie ?

Corne de l’Afrique

Témoignages.re / 27 février 2012

Alors que les représentants de plus de 50 pays et organisations internationales sont réunis à Londres ce jeudi pour une conférence internationale d’une journée sur la Somalie, les États-Unis ont annoncé un don de 64 millions de dollars au titre de l’aide humanitaire aux pays de la Corne de l’Afrique, y compris la Somalie. Cette somme représente quelques euros pour chaque personne menacée par la famine… mais elle permet aux États-Unis d’annoncer une plus grande implication dans un pays qui ne peut désormais plus importer son charbon.

La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a annoncé ce don dans son discours à la conférence à Lancaster House à Londres, en indiquant qu’il portait à 934 millions de dollars l’aide d’urgence à cette région depuis 2011, dont plus de 211 millions pour les programmes de sauvetage en Somalie.
Un communiqué du Département d’État américain cite Mme Clinton qui a déclaré que les États-Unis se félicitaient de la décision prise mercredi par le Conseil de sécurité de l’ONU d’imposer une interdiction internationale des importations de charbon de la Somalie et a invité la communauté internationale à la mettre en œuvre immédiatement.
« Ce trafic illicite de charbon fournit des fonds aux Shebab, tout en détruisant l’environnement et en menaçant la sécurité alimentaire », a-t-elle déclaré, tout en réclamant plus d’efforts pour priver de soutien financier le groupe Al-Shabaab lié à Al Qaida, qui se bat contre le gouvernement fédéral de transition somalien (TFG).
La secrétaire d’État américaine a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de contribuer au développement de la Somalie, en particulier dans les régions récemment libérées des Shebab, en ajoutant : « Les Somaliens ont besoin d’amélioration concrète dans leurs vies au quotidien ».
« En ce qui nous concerne, les États-Unis vont travailler avec les autorités et les communautés somaliennes pour créer des emplois, fournir des services de santé et d’éducation, et soutenir la construction de la paix et la résolution des conflits », a déclaré Mme Clinton.
Au sujet de la piraterie, elle a indiqué que les États-Unis envisageaient des projets de développement pour les communautés côtières comme alternatives à la piraterie pour les jeunes gens.
La secrétaire d’État américaine a également exprimé son soutien au centre régional de coordination des poursuites contre les pirates qui doit démarrer sous peu ses activités aux Seychelles, en ajoutant : « Nous nous félicitons de la disposition croissante des voisins de la Somalie à incarcérer les pirates. Et alors que l’ONU renforce les capacités judiciaires et pénitentiaires en Somalie, il est impératif que plus de nations décident d’emprisonner et de poursuivre en justice les pirates qui détournent leurs navires commerciaux ».
Par ailleurs, le Premier ministre britannique, David Cameron, a averti que ne pas mettre fin au chaos en Somalie équivalait à compromettre la sécurité internationale. « Les problèmes somaliens n’affectent pas seulement la Somalie, ils nous affectent tous. Dans un pays où il n’y a pas d’espoir, le chaos, la violence et le terrorisme prospèrent. Les pirates coupent des voies commerciales essentielles et enlèvent des touristes », a estimé le Premier ministre britannique.
Parmi les dirigeants africains à ce Sommet figurent les présidents Goodluck Jonathan du Nigeria, Mwai Kibaki du Kenya et Pierre Nkurunziza du Burundi, ainsi que le Premier ministre de la Somalie, Abdiwedi Mohammed Ali.

Augmentation des effectifs de l’AMISOM

Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé mercredi à l’Union africaine d’accroître les effectifs de sa force de maintien de la paix en Somalie (AMISOM) de près de 50 pour cent pour faire face à la menace de la piraterie et des autres activités criminelles dans le pays.

Dans une résolution adoptée à l’unanimité, le Conseil a demandé à l’AMISOM de porter le nombre de ses soldats et officiers de police de 12.000 à 17.731 hommes et a décidé de renforcer le dispositif d’appui à l’AMISOM jusqu’au 31 octobre.

Le Conseil estime qu’une action coordonnée dans la région est essentielle à la paix, à la sécurité et à la stabilité de la Somalie, avant de demander aux autres États membres de l’UA de songer à fournir des troupes à l’AMISOM afin d’aider à créer les conditions pour que la Somalie soit responsable de sa propre sécurité.

La résolution demande aussi aux autorités somaliennes de « prendre les mesures nécessaires pour bloquer l’exportation du charbon de bois du pays où la destruction des arbres a contribué à l’émergence de sécheresses dévastatrices ».

Elle exhorte les autres États membres de l’ONU à prendre des mesures pour empêcher l’importation directe ou indirecte du charbon de bois.


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