Pays émergents

Une croissance au plus bas en Chine depuis 2009

Les effets de la crise mondiale

Céline Tabou / 16 juillet 2012

La Chine a enregistré au second trimestre un taux de croissance de 7,6%, selon l’annonce du gouvernement chinois le 12 juillet. Il s’agit du sixième trimestre consécutif de ralentissement de la croissance économique chinoise, au plus bas depuis trois ans.

Le Premier ministre, Wen Jiabao, a tenté de rassurer en déclarant à l’agence de presse “Xinhua” que « le taux de croissance économique est toujours compris dans la fourchette d’objectifs fixés par le gouvernement plus tôt cette année, et les politiques de stabilisation fonctionnent ». Ce dernier a ajouté que « le rebond économique n’est pas stable et les difficultés pourraient continuer encore pendant un moment ».

Les effets de la crise

La crise européenne, les restrictions sur l’immobilier et de surcapacités dans certains secteurs auront eu un effet sur la seconde puissance économique mondiale. Le pays est passé d’une croissance de 10,4% en 2010 à 9,2% en 2011, puis à 7,8% durant la première moitié de cette année, d’après les chiffres publiés vendredi. Le taux de croissance au deuxième trimestre est le plus faible enregistré depuis les 6,6% du premier trimestre 2009.

Le ralentissement économique de la Chine est dû à « la détérioration de l’environnement international, qui a réduit la demande étrangère » pour les produits chinois, a déclaré lors d’une conférence de presse le porte-parole du BNS, Sheng Laiyun. En effet, les exportations vers l’Europe ont été particulièrement touchées. De plus, la demande intérieure a de concert ralenti « sous l’effet des mesures de contrôle macro-économique, en particulier dans le secteur immobilier », a ajouté ce dernier.

Pour Ren Xianfang, analyste d’IHS Global Insight basée à Pékin, la Chine est incapable d’absorber une croissance moins forte, toutefois, le gouvernement a stabilisé l’investissement en juin, grâce à des mesures de relance en accordant, +16% par rapport à mai, de nouveaux prêts aux banques chinoises. De plus, pour éviter une diminution plus importante de son taux de croissance, la Chine a, début juillet, réduit son taux d’intérêt pour la seconde fois du mois et diminué à trois reprises les réserves obligatoires des banques afin de leur permettre de prêter davantage.

Consolider sa croissance

Les mesures prises par Pékin depuis le début de l’année ont stabilisé la situation et permis une faible relance de l’économie. En effet, les exportations et l’excédent commercial de la Chine se sont nettement améliorés par rapport à l’an dernier. Selon les chiffres publiés le 10 juillet par les douanes chinoises, les exportations ont augmenté de 11,3% sur un an le mois dernier, tandis que l’excédent commercial a grimpé de 42,9% sur un an, pour atteindre 31,73 milliards de dollars, contre 18,7 milliards de dollars en mai. De leur côté, les exportations se sont élevées en valeur à 180,21 milliards de dollars en juin, soit une hausse de 9,2% sur un an.

D’après Lu Ting, économiste de Bank of America - Merrill Lynch, cité par l’“Agence France Presse”, « le gouvernement pourrait prendre davantage de mesures d’assouplissement », comme trois nouvelles réductions des réserves obligatoires et deux autres baisses des taux d’intérêt d’ici la fin de l’année. Pékin a la possibilité d’assouplir sa politique monétaire grâce au recul de l’inflation, tombée en juin à 2,2% en rythme annuel.
En dépit des dernières données inquiétantes, l’État chinois est confiant face aux objectifs fixés pour cette année, soit un taux de croissance fixé à 7,5% pour 2012.

L’économiste Sheng Laiyun a indiqué que l’économie devrait « continuer à connaître une croissance modérée et soutenue durant la deuxième moitié de l’année ».
D’autant plus que « le pire est sans doute passé et que nous allons assister à une certaine stabilisation, même une amélioration de la croissance au prochain trimestre », a commenté Sun Junwei, économiste de HSBC.

Face à cette situation, le ministre Wen Jiabao a averti que « stabiliser la croissance » était « la tâche la plus urgente » pour son pays.

Céline Tabou