Pays émergents

Vers la création d’une zone de libre-échange de plus d’un milliard d’habitants

L’UA crée une commission présidentielle pour promouvoir le commerce interafricain

Témoignages.re / 18 juillet 2012

L’Union africaine (UA) a mis en place une commission permanente au niveau présidentiel pour promouvoir le commerce interafricain en œuvrant pour la suppression des barrières commerciales avant 2017, date butoir pour la création d’une Zone de libre-échange au niveau continental (Free Trade Area, FTA).

La Commission de haut niveau pour le commerce en Afrique va regrouper les huit blocs économiques régionaux dont chacun des présidents sera membre aux côtés de la présidence de la Commission de l’UA.
La commission qui sera un comité permanent de l’Assemblée de l’UA, a pour rôle essentiel de lever toutes les barrières commerciales.
La commission qui se réunira deux fois par an, devrait également veiller à ce que la feuille de route proposée pour lever les obstacles au commerce à travers le continent soit mise en œuvre rapidement pour stimuler le commerce régional.
Un rapport approuvé par les dirigeants africains actuellement présents à la 19e session ordinaire du sommet de l’UA à Addis-Abeba, en Ethiopie, ont déclaré que si les objectifs de la création de la Zone de libre-échange sont réalisés dans le délai, la région deviendrait une communauté économique unique d’ici 2025.
« L’Afrique sera mieux placée pour utiliser le commerce comme moteur de la croissance et du développement et va s’intégrer efficacement dans l’économie internationale », ont indiqué les dirigeants dans le rapport.
Les dirigeants africains présents au sommet, qui se concentre sur le renforcement du commerce interafricain, ont exprimé leur soutien à la création d’une Union continentale élargie.
Au Kenya, où les obstacles au commerce avec la Tanzanie voisine ont été levés, le commerce a plus que quadruplé, passant de 200 millions de dollars à 1 milliard de dollars américains avec le lancement de l’union douanière des régions.


Quel avenir pour La Réunion ?

D’ici 5 ans, c’est-à-dire au moment où aura lieu la prochaine élection présidentielle, tous les pays de notre région devraient avoir achevé des négociations pour lancer une zone de libre-échange continentale, comprenant tous les pays de l’Afrique.
D’ores et déjà, une commission comprenant les présidents des blocs économiques régionaux va se mettre au travail au sein d’un Comité permanent de l’assemblée de l’Union africaine.
Si la zone de libre-échange est créée dans 5 ans, alors l’Afrique pourra devenir une communauté économique unique d’ici 2025.
À nos portes, un continent est en train de construire une unité économique, et il est clair que sa revendication sera de discuter d’égal à égal avec un autre bloc économique : l’Union européenne.
Nous avons déjà pu constater comment La Réunion était traitée lors des négociations entre l’Union européenne et les organisations économiques de notre région. C’est un Commissaire européen qui parle au nom des 27 États de l’Union, et donc au nom de La Réunion puisque nous sommes intégrés dans un des 27 États membres.
Cela montre toute la difficulté que nous avons pour faire entendre nos revendications, car que pesons-nous quand, les représentants de centaines de millions de personnes décident pour nous l’avenir de secteurs clés ?
Tant que nous ne pourrons pas mettre en œuvre une logique alternative au libre-échange, alors nous prenons le risque d’être écrasés par des intérêts qui s’opposeront aux nôtres.
Il est évident que dans cette logique, les 54 États membres de l’Union africaine demanderont un accès total et sans limites au marché européen dont nous faisons partie. Cela renforcera encore davantage la concurrence entre nos productions et celles des pays de notre région, tout en sachant que ces derniers pourront construire une industrie capable de satisfaire les normes européennes. Que restera-t-il alors pour nos productions ?
C’est bien là que se pose la question de notre modèle de responsabilité. Allons-nous rester dans l’acceptation des décisions prises à notre place, ou alors allons-nous vers nos responsabilités pour être considérés comme des partenaires à part entière pour les pays de notre région ?
Au lieu d’aller vers la concurrence destructrice du libre-échange, nous pouvons œuvrer à la construction d’un nouveau modèle basé sur nos complémentarités, c’est celui du co-développement.
Alors dans ce cas, nous pourrons apporter notre pierre au développement des peuples de notre région dans une logique de développement partagé, pas de concurrence.


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