Pays émergents

Xi Jinping, nouveau président de la République populaire de Chine

Une des conséquences des décisions du congrès du PCC

Témoignages.re / 10 novembre 2012

Nouveau président de la République populaire de Chine, Xi Jinping est devenu à 59 ans l’homme fort du Parti Communiste Chinois est « une personnalité énigmatique », peu connue des Chinois. Son passé est évoqué à voix basse et sa droiture mise en exemple, cependant, Xi Jinping reste une énigme.

Xi Jinping aura trois fonctions : chef du parti à la fin du congrès, chef du pays au printemps prochain et chef des affaires militaires. Il s’agit là d’une “ trinité du pouvoir ” et donc d’un “ vrai numéro 1 d’une organisation collective ”, a expliqué le chercheur d’Asia center, François Godement. Le nouveau président va se retrouver confronté à deux évolutions inévitables » qui vont le contraindre à accorder plus de libertés à ses citoyens. L’économie de consommation instaurée progressivement obligera Pékin à « laisser les consommateurs libres de choisir leurs achats ». Pour cela, « il faut que les Chinois innovent et ne se contentent plus de copier, ce qui suppose de leur laisser une certaine liberté », a indiqué le sinologue, Jean-Luc Domenach.

"Prince héritier"

Né à Pékin, Xi Jinping est le fils de Xi Zhongxun, ancien vice-président de l’Assemblée populaire et vice-Premier Ministre, ce dernier s’est vu perdre les faveurs de Mao Zedong. Après avoir été emprisonné en 1968, durant la révolution culturelle, Xi Zhongxun sera réhabilité lors de la prise de pouvoir de Deng Xiaoping.

De son côté, Xi Jinping est envoyé à Yan’an, dans la province de Shaanxi, au centre de la Chine de 1969 à 1975. Après des études supérieures à Pékin, de 1975 à 1979, il intègre grâce aux relations de son père, la Commission centrale militaire. Il rejoignit la Ligue de la jeunesse communiste chinoise en 1971, puis le Parti communiste chinois en 1974. En 1982, le parti l’envoie dans la province de Heibei, dans l’est du pays, où il devient premier secrétaire et parvient petit à petit gravir les échelons locaux du Parti communiste. Trois ans plus tard, il est envoyé au Fujian, il y passera une longue période.

En 2000, il devient gouverneur du Fujian et parvient à se créer un réseau dans les milieux économiques, notamment auprès des investisseurs venus de Taïwan. Secrétaire du parti dans le nord-est du pays, dans le Zhejiang, Xi Jinping y reste cinq ans, de 2002 à 2007. Il lutte à cette époque contre la corruption et promeut l’écologie. En mars 2007, il devient brièvement nouveau chef du Parti communiste de la province de Shanghai et parvient à intégrer ainsi les hautes sphères du pouvoir.

Un profil parfait

Marié à la chanteuse populaire, Peng Liyuan, général dans l’Armée populaire de libération, Xi Jinping a envoyé sa fille, Xi Mengze, étudier à Harvard. Robert Theleen, président d’un fonds d’investissement et vice-président de la chambre de commerce américaine à Shanghai, résidant en Chine depuis trente-deux ans, a expliqué à “L’Express” que "pour devenir président de la Chine, il faut répondre à trois exigences : être passé avec brio par les écoles du Parti, avoir dirigé une grande ville ou une province et avoir su gérer une crise, mais il faut surtout réussir à faire toutes ces choses sans le moindre charisme".

Lors du 17e Congrès du Parti communiste en octobre 2007, Xi jinping intègre le comité permanent du politburo, puis devient vice-président en 2008. En octobre 2010, il est nommé vice-président de la Commission militaire centrale du Parti Communiste Chinois, induisant qu’il “deviendra sans aucun doute le secrétaire-général du PCC en octobre 2012, puis le président en mars 2013 », a expliqué Willy Lam, analyste politique de l’Université chinoise de Hong Kong.

Le mystère persiste autour de Xi Jinping, sa disparition en septembre 2012 a accentué le mythe qui règne autour de lui. Ce dernier ne s’est pas présenté à plusieurs rencontres prévues avec des dirigeants étrangers et a manqué au moins un sommet du Parti Communiste Chinois. Aucune justification n’a été fournie par le parti, ni l’intéressé, mais l’énigme reste entière.

D’après “L’Express”, Xi Jinping serait plus sobre. Citant un télégramme diplomatique de l’ambassade des États-Unis à Pékin, daté de 2009 et révélé par WikiLeaks, un professeur de sciences politiques, qui a vécu pendant des années en face de l’appartement de Xi Jinping, a expliqué que le nouveau président « serait irrité par la corruption et par les nouveaux riches de la Chine contemporaine, qui s’affichent de façon provocante. Il se percevrait comme un héritier légitime du régime que son père a aidé à construire et estimerait, à ce titre, qu’il mérite de gouverner la Chine ». « Ce serait un homme "froid et calculateur", certes, mais "un type bien", car il aidait les autres et avait réponse à toutes les questions ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com