Pays émergents

Xi Jinping, président de la 2nde puissance mondiale

Nouveau chef d’État en Chine

Céline Tabou / 15 mars 2013

Alors que le Vatican a choisi son Pape François, la Chine a nommé son président. Le parlement chinois a formellement élu Xi Jinping à la présidence de la République populaire, jeudi 14 mars. Xi Jinping aura pour premier ministre Li Keqiang, dont la désignation par l’Assemblée nationale populaire est prévue vendredi 15 mars.

Xi Jinping est le premier dirigeant chinois à être né après la fondation du régime par Mao en 1949. Fils d’un héros révolutionnaire, il va prendre la tête de la seconde puissance économique mondiale. Sa personnalité se confond avec la carrière d’un homme d’appareil qui a su gravir avec habileté et prudence les échelons de la hiérarchie communiste.

Deux styles différents : le « rêve chinois »

À la différence de son prédécesseur, Hu Jintao, Xi Jingping apparait plus chaleureux et plus direct, mais plus distant avec les cadres du PCC, car rigoureux et déterminé à lutter contre la corruption au sein du Parti. Pour l’historien chinois Zhang Lifan, cité par Le Monde, « Hu Jintao était fondamentalement un gérant professionnel, un employé, il parle comme s’il était chez les autres. Xi est l’héritier de la famille, il parle comme à la maison ». « Cette différence d’attitude explique que Xi fasse montre de plus de fermeté. En outre, il sait qu’il doit construire une image autre que celle de son prédécesseur, perçu comme mou et incompétent. La politique diplomatique de la Chine ne pourra que se durcir sous Xi Jinping. Cela lui permettra d’aiguillonner le nationalisme et d’y diriger l’attention du peuple », a indiqué l’historien.

Après avoir prôné, une « société harmonieuse » durant dix ans, Xi Jinping met en avant un nouvel adage : le « rêve chinois ». Celui-ci pourrait à l’instar de Hu Jintao durer une dizaine d’années. Dans son discours d’investiture, le nouveau président a déclaré : « Je crois que le plus grand rêve des Chinois, c’est la renaissance de leur nation dans les temps modernes », à travers notamment une puissance militaire, un parti lavé de tout soupçon et proche du peuple et une économie florissante. « Ce rêve, on peut dire que c’est celui d’un pays puissant. Et pour ce qui concerne l’armée, c’est le rêve d’une armée forte », avait déclaré Xi Jinping, aux marins du destroyer Haikou en décembre dans le Guangdong.

« Maintenir le parti »

À l’occasion de la 4e réunion plénière de la première session de la 12e Assemblée populaire nationale (APN, Parlement chinois), les députés ont élu Zhang Dejiang président du Comité permanent de l’APN, Wang Chen, secrétaire général du Comité permanent de l’APN et treize vice-présidents du Comité permanent de l’APN : Li Jianguo, Wang Shengjun, Chen Changzhi, Yan Junqi, Wang Chen, Shen Yueyue, Ji Bingxuan, Zhang Ping, Qiangba Puncog, Arken Imirbaki, Wan Exiang, Zhang Baowen et Chen Zhu. Les députés ont en outre élu les 161 membres du Comité permanent de l’APN.

Yu Zhengsheng, nouveau dirigeant de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC), le plus haut organe consultatif politique du pays, a de son côté promis, mardi 12 mars, que « la Chine ne copierait pas les systèmes politiques occidentaux sous quelque circonstance que ce soit ». « Nous devons fermement maintenir la direction du Parti communiste chinois, adhérer à et améliorer le système de coopération et de consultation politique multipartites sous la direction du PCC », a-t-il ajouté, entrant dans la politique anti-corruption menée activement par le nouveau président. Au-delà de sa volonté de rénover et moraliser le parti, Xi Jinping devra faire face à d’autres défis de taille, comme le ralentissement de la croissance économique, les déséquilibres socio-économiques du pays ou les tensions avec le Japon et la Corée du Nord.

Céline Tabou


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