Seychelles

« L’action climatique et le développement durable sont une question de survie »

Discours du secrétaire général de l’ONU devant l’Assemblée nationale des Seychelles

Témoignages.re / 9 mai 2016

Devant l’Assemblée nationale des Seychelles, Ban Ki-moon prône le multilatéralisme pour résoudre les grands défis mondiaux.

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Hier au deuxième jour de sa visite aux Seychelles, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé dimanche l’importance d’une approche concertée entre Etats pour résoudre les défis du changement climatique, du développement durable et de l’aide humanitaire d’urgence, saluant l’engagement de l’archipel à faire profiter le forum onusien de son expérience et de ces idées.

« Dans le monde actuel, nous sommes tous interconnectés ; les problèmes et les défis ne sont jamais limités à un seul pays ou à une seule région », a déclaré M. Ban dans un discours prononcé devant l’Assemblée nationale des Seychelles, citant parmi ces défis l’insécurité, les inégalités massives entre les peuples et les nations, l’exclusion fondée sur la race, la religion, la foi et l’orientation sexuelle, l’extrémisme violent, les réseaux criminels et le terrorisme.

« Ces problèmes exigent en retour de la coopération et de la coordination, dans le cadre d’une réponse mondiale », a-t-il dit, soulignant que l’ONU est le forum légitime pour tenter de trouver des solutions à ces problèmes.

Grands progrès des Seychelles

À ce titre, le Secrétaire général a rappelé que le mois dernier, au siège des Nations Unies, à New York, lors de la Journée internationale de la Terre nourricière, le record du plus grand nombre de pays à signer un accord en une seule journée a été battu : le 22 avril dernier, 177 Etats ont signé l’Accord de Paris sur le changement climatique.

« Les Seychelles en faisaient non seulement partie, mais ont également été l’un des 16 pays à ratifier immédiatement l’accord après l’avoir signé », a salué M. Ban. « Je vous remercie à nouveau pour votre rôle de premier plan et j’invite tous ceux qui ont de l’influence à persuader les autres gouvernements à ratifier l’accord le plus tôt possible », a-t-il ajouté, rappelant que la ratification de 55 pays, représentant au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, est nécessaire pour que l’accord puisse entrer en vigueur.

« Les Seychelles ont déjà fait de grands progrès sur la voie d’un avenir durable et résilient au changement climatique », a ajouté M. Ban, citant notamment la législation du pays visant à garantir un tourisme et une pêche durable, ainsi que la protection dont bénéficie la moitié du territoire de l’archipel et un tiers de son territoire maritime.

D’autre part, le Secrétaire général a mentionné le besoin de coopération et de coordination au niveau mondial dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des 17 objectifs de développement durable (ODD) qu’il contient.

La plus grande crise de déplacement de notre ère

« Aucun de ces 17 objectifs ne peut être mis en œuvre dans l’isolement, séparément. Tous ces 17 objectifs doivent être réalisés tous ensemble et globalement, car ce sont des objectifs étroitement interconnectés », a affirmé M. Ban, soulignant que même les pays les plus riches ont encore des communautés vivant dans la pauvreté ou victimes du racisme et de l’exclusion.

« Mais pour les Etats insulaires, l’action climatique et le développement durable sont une question de survie », a déclaré Secrétaire général, soulignant le danger présenté par les tempêtes, l’érosion côtière et l’élévation du niveau de la mer, tous susceptibles de remettre en cause les avancées du développement durable en quelques heures ou quelques jours.

« L’ODD 14 sur la conservation et l’utilisation des océans et des ressources marines pour le développement durable est d’une importance particulière pour vous », a-t-il rappelé.

Par ailleurs, le Secrétaire général a appelé à davantage de coopération internationale face au nombre sans précédent de personnes dans le besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

« Les réfugiés d’aujourd’hui sont pris dans la plus grande crise de déplacement de notre ère. J’ai appelé les dirigeants du monde entier, même ceux des pays qui ne sont pas directement touchés par ce phénomène mondial, à répondre avec compassion et dans le respect des droits de l’homme », a déclaré le chef de l’ONU.

« Les petits États ont de grandes idées »

À cette fin notamment, M. Ban a convoqué le premier Sommet humanitaire mondial, qui aura lieu à Istanbul, en Turquie, les 23 et 24 mai prochains. Dans le cadre de cet événement, il a demandé aux dirigeants mondiaux de prendre des engagements pour faire respecter le droit humanitaire, protéger les civils en temps de conflit et améliorer l’aide globale aux 125 millions de personnes qui ont besoin d’une assistance humanitaire d’urgence dans le monde, soit le nombre le plus important depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

« Je compte sur les Seychelles pour participer à ces événements importants », a déclaré M. Ban au deuxième jour de sa visite, la première d’un Secrétaire général de l’ONU dans le pays. « Les petits États ont de grandes idées et une grande volonté politique. Votre expérience, votre engagement et vos idées ont été jusqu’ici inestimables ».


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