APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Brigitte Girardin, la Relève et l’UMP locale :
15 février 2005

Les ténors de l’UMP et de la Relève avaient fait porter à Mme Girardin la responsabilité de leur échec aux régionales et cantonales de 2004. Jean-Paul Virapoullé avait exigé son départ du gouvernement. Depuis sa désignation à la rue Oudinot, la ministre entretient des rapports tendus avec les élus réunionnais de droite. Une situation qui va se compliquer avec l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP et la confrontation qui se prépare entre l’ancien ministre de l’Intérieur et le chef de l’État dans la perspective de la présidentielle de 2007. Sans compter les ambitions de François Bayrou qui vont compliquer un peu plus le jeu politique.
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Au soir du deuxième tour des régionales et des cantonales de 2004, tous les responsables de l’UMP-Réunion et de la Relève étaient profondément choqués et amers de leurs résultats. Tous pratiquement faisaient du gouvernement et principalement de la ministre de l’Outre-mer les responsables de leur échec.
Avec le cynisme qu’on lui connaît, Jean-Paul Virapoullé lançait un appel public au chef de l’État, lui demandant le départ de Mme Girardin du gouvernement. Le sénateur-maire de Saint-André qui avait été désigné chargé de mission par le gouvernement, comme prix de son ralliement, venait de démontrer, une nouvelle fois, sa grande versatilité et l’absence chez lui de tout sentiment de reconnaissance.
Mais il faut aussi reconnaître que les rapports entre la ministre et les élus se réclamant à La Réunion du gouvernement n’ont jamais été faciles.
Tout avait commencé avec la proposition d’article au projet de loi révisant la Constitution et qui permettait de consulter les populations des 4 départements d’Outre-mer sur leur statut. Malgré toutes les explications de Paris, Mme Girardin fut accusée de vouloir larguer La Réunion. L’idée de fermer les mairies et d’organiser une journée “île morte” était lancée. Le 19 novembre 2002, la majorité des maires de l’UMP et de la Relève - ou leurs représentants - présents à Paris à l’occasion du Congrès des maires était reçue par la ministre. Son entourage tenait des propos très durs : "vous êtes en train de faire quelque chose dans le dos de la ministre", lançait l’un d’entre eux. "Si vous voulez ma tête, il faut le dire !", interrogeait pour sa part Mme Girardin.
Le tout s’était déroulé sur fond de guérilla parlementaire avec l’Amendement de Virapoullé demandant que la proposition constitutionnelle ne concerne pas La Réunion, suivi du dépôt d’un Amendement Clément demandant la suppression de la proposition Virapoullé, un amendement derrière lequel la droite réunionnaise voyait la main de la rue Oudinot. Cet amendement fut ensuite retiré.
L’élaboration et l’adoption de la loi-programme devaient donner lieu à d’autres passes d’armes. Le dépôt par le sénateur Arthuis et le député Méhaignerie d’amendements visant à supprimer certaines spécificités domiennes a été vu comme autant d’opérations téléguidées en sous-main par la rue Oudinot.
Mais l’UMP-Réunion et la Relève ont manifesté incompréhension et colère devant la politique générale du gouvernement. Et ils ont eu le sentiment de n’avoir pas eu en Mme Girardin un interprète et le porte-parole idéal de leurs préoccupations auprès de Jean-Pierre Raffarin. Le cas du transfert des TOS - refusé par la majorité du Conseil général - est une illustration des divergences subsistant entre des élus de plus en plus désappointés et un ministère de l’Outre-mer incapable.
Or, les préparatifs de la présidentielle de 2007 vont contribuer à élargir le fossé.
Après l’élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UMP, la recomposition de l’équipe dirigeante, la désignation d’un nouveau responsable national à l’Outre-mer, il faut s’attendre à une refonte totale de la fédération locale. Avec, en ligne de fond, la bataille de chefs, Chirac-Sarkozy. Comme à leur habitude, les Réunionnais de l’UMP ne se sont pas encore livrés. Ils attendent de voir comment se dessinent les rapports de force avant de se prononcer. Comme un troisième larron - François Bayrou - se pointe à l’horizon, les choses vont se compliquer.
La tâche que tentera de mener Mme Girardin lors de son prochain séjour, pour essayer de mobiliser des élus de l’UMP et de la Relève totalement amorphes, s’avère difficile.
J. M.
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