Justice

3 ans d’inéligibilité requis contre Alain Bénard

570.000 euros du CCAS pour payer les factures d’eau de 318 usagers

Témoignages.re / 27 octobre 2011

L’ancien maire de Saint-Paul a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Il lui était reproché des faits supposés d’achat d’électeurs. En 2008, peu de temps avant les Municipales, il avait fait payer par la commune saint-pauloise les factures d’eaux de 318 usagers pour 570.000 euros. Il était alors encore maire de Saint-Paul et il avait comme adversaire Huguette Bello qui venait de le battre aux Législatives. Le procureur a requis 6 mois de prison avec sursis, 7 500 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité. Le jugement sera rendu le 29 novembre prochain.

Mardi au tribunal, c’est bien un achat de voix qui a été reconnu. Au lendemain des Municipales, la nouvelle équipe conduite par Huguette Bello a découvert une utilisation frauduleuse des moyens du CCAS par l’ancien maire Alain Bénard.
Il a été établi que l’argent du CCAS a été utilisé pour payer des factures d’eaux peu avant les Municipales de 2008. Et ce n’était pas pour aider des nécessiteux, mais de gros consommateurs. Ainsi, les services ont pu établir que 570.000 euros du CCAS ont servi à payer les factures d’eau de 318 familles.
« Les dégrèvements de factures d’eau sont illégaux sur la base des dossiers de nos services, d’articles parus dans la presse, et d’une lettre des services de l’État datée du 1er avril et adressée au maire de Saint-Paul au titre du contrôle de la légalité », expliquait Huguette Bello.
Elle constatait également que les années précédant l’élection de 2008, le CCAS n’avait pas été mobilisé pour payer des factures d’eau. Et d’autre part, sur les 318 familles qui ont bénéficié de cette mesure, 132 ne sont pas à la CMU et ont donc les moyens de payer leur facture.
Difficile de voir autre chose que du clientélisme électoral derrière cette manœuvre qui vaut à Alain Bénard d’être inquiété par la justice.
Car la Mairie a porté plainte, et une enquête a été diligentée pour déterminer s’il y a eu ou pas détournement de fonds publics.
Le 27 août 2009, Alain Bénard et Jean-Marc Bénard avaient passé la journée à répondre aux gendarmes.
Mardi, seul Alain Bénard a comparu. Le tribunal a reconnu la gravité des faits et le procureur a proposé une sanction : 6 mois de prison avec sursis, 7 500 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité. Verdict le 29 novembre.

Avec Imaz Press Réunion


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