Justice

L’éclairage de Me Baloup

Procès d’Air Austral et de son PDG Gérard Ethève

Manuel Marchal / 21 juillet 2011

Près de dix heures, le procès intenté à Air Austral et à Gérard Ethève s’est transformé en une audience marathon au terme de laquelle la présidente du tribunal a annoncé la mise en délibéré du jugement jusqu’au 9 août. Me Baloup, avocat d’Air Austral, fait une première analyse des différents témoignages.

Commencé mardi après-midi au Palais de Justice, le procès d’Air Austral et son PDG Gérard Ethève a duré jusqu’au lendemain mercredi peu après avant une heure du matin. Durant environ dix heures se sont succédé l’interrogatoire du prévenu, les dépositions des onze témoins et de la partie civile, le réquisitoire du ministère public et les plaidoiries des avocats. Au terme de cette audience marathon, la présidente du tribunal a mis le jugement en délibéré jusqu’au 9 août. Auparavant, le ministère public a requis les peines suivantes : 50.000 euros d’amende à l’encontre d’Air Austral, 4 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende à l’encontre de Gérard Ethève. Les faits reprochés sont un harcèlement moral, et dans "Témoignages" d’hier, nous avons constaté que les réquisitions du ministère public sont pour le moins étonnantes, au regard du débat qui s’est déroulé dans l’enceinte du tribunal.

« Une souffrance dont son origine est en elle »

Me Baloup, conseil de la compagnie Air Austral, apporte une première analyse sur les témoignages.
L’avocat constate que les dépositions ont permis de situer le point de départ de la souffrance de Béatrice Coma, la plaignante. « Elle n’a pas su s’adapter à une modification de sa relation privilégiée avec M. Ethève », précise-t-il. En quelques années, Air Austral est passée des dessertes régionales à des liaisons intercontinentales vers l’Europe, l’Asie, et l’Océanie. Cela a entraîné une croissance des effectifs, et une réorganisation de l’entreprise. Une des conséquences de ce développement, c’est que Béatrice Coma n’avait plus le monopole de la relation avec le PDG de la compagnie. « Elle n’a pas été capable de suivre cette évolution », ajoute le conseil, « c’est une souffrance dont son origine est en elle ».

Des témoins à charge tous en conflit avec Air Austral

Me Baloup note également que les trois témoins à charge ont un point commun : ils sont en conflit avec l’entreprise.
Rappelons que le premier est une assistante de communication qui a quitté Air Austral sur une rupture à l’amiable du contrat de travail et lance des accusations de harcèlement moral, à l’encontre de « chefs » sans plus de précision.
Le second témoin est une ancienne salariée d’Air Austral en litige suite à un licenciement pour faute. Quant à la troisième, elle est une ex-employée de l’agence Nautilus.

Un sous-entendu qui ne tient pas

Concernant les témoins à décharge, le procureur a essayé de sous-entendre que leurs témoignages se faisaient sous la contrainte, car ce sont des employés d’Air Austral, indique l’avocat. Me Baloup note que le témoignage le plus efficace était celui de M. Olivier Besnard. Les déclarations de ce dernier corroborent celles des témoins à décharge, mais l’élément décisif, c’est qu’Olivier Besnard ne travaille plus à Air Austral mais il est passé à la concurrence chez Corsair. Autrement dit, la stratégie du procureur n’a pas de prise sur ce témoin, or il dit la même chose que ceux que le ministère public a essayé d’affaiblir.
À partir de ces éléments fournis par Me Baloup, les réquisitions du ministère public restent bien étonnantes.

Manuel Marchal


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