Justice

Le président de l’UMP-Réunion en grande difficulté

Procès des marchés truqués de la CIVIS

Témoignages.re / 15 mars 2011

À cinq jours du scrutin, le procès des marchés truqués de la CIVIS continue aujourd’hui au Tribunal de Saint-Pierre. Le président de l’UMP-Réunion est en mauvaise posture. Il est en effet au cœur d’un des procès les plus retentissants de l’Histoire de notre pays.

Un préjudice de plusieurs millions d’euros, une société ayant obtenu un SEM d’or liquidée et ses travailleurs au chômage, quatre ans d’enquête, le président et l’ancien vice-président d’une ancienne communauté d’agglomération sur le banc des prévenus : le procès qui s’est ouvert hier à Saint-Pierre est un procès hors-norme.
Hors-norme est également le moment du déroulement des audiences : les débats ont commencé à six jours du premier tour des cantonales et ils doivent se prolonger jusqu’à lundi, c’est-à-dire au lendemain de ce premier vote.
L’autre spécificité tient à la responsabilité politique d’un des prévenus : il est le président de la fédération UMP. Jamais un dirigeant fédéral du parti qui dirige le gouvernement n’a été en aussi mauvaise posture à quelques jours d’une élection.

Le procès a commencé

Pour éviter la tenue du procès immédiatement, les avocats de la défense ont introduit deux questions prioritaires de constitutionnalité. Toutes deux ont été jugées recevables, mais n’entraînant pas le report des débats.
Ces derniers ont donc commencé hier avec les demandes de nullité.
Dans les faits, ce sont près de 14 millions d’euros qui ont été spoliés. Rappelons qu’à Saint-Pierre, des élus et le Comité citoyen ont demandé à la commune de se constituer partie civile. Le procès de la banqueroute de la SEMITA avait en effet révélé une large utilisation de fonds publics pour rétribuer des emplois fictifs. Si la SEMITA avait reçu le SEM d’or en 2005, elle le devait au travail de 15 employés sur 39, les autres étant présumés fictifs.
Lors de ce procès, le nom du président de l’UMP avait été évoqué plusieurs fois.

Le gaspillage : une caractéristique de l’UMP péi

Depuis hier, tous les protagonistes de l’affaire des marchés truqués sont réunis au Tribunal de Saint-Pierre. Il sera sans doute à nouveau question d’un énorme gâchis. Lorsque ce qui n’était pas encore l’UMP a pris la direction de la CIVIS, cette collectivité était citée en exemple pour ses réalisations. Elle avait en particulier créé des sociétés innovantes dans leur secteur, comme pouvait l’être la SEMADER ou la SEMITTEL. Au bout de quelques années de gestion par l’UMP, les affaires ont commencé à éclabousser la CIVIS et les SEM dont elle est actionnaire. Cela a notamment été le cas à la SEMADER.
Ce gâchis n’était qu’une répétition générale avant la prise de contrôle par l’UMP de la Région. Il faut avouer que Didier Robert a accentué davantage le trait, car ce sont des pans entiers de l’économie du pays qui sont ébranlés à cause des décisions de l’UMP, et plus seulement des sociétés.
Décidément, gaspiller ce que les prédécesseurs ont épargné, c’est bien une caractéristique de l’UMP péi. Nul doute que le peuple qui souffre saura s’en souvenir dans 5 jours au moment du vote.

M.M.


De lourdes accusations lors du procès de la SEMITA

Le 25 avril 2008, lors du procès jugeant la banqueroute de la SEMITA, il avait été plusieurs fois question du président de l’UMP-Réunion dans les dépositions de plusieurs protagonistes. Ce dernier n’était pas cité à comparaître. Le procès commencé hier met enfin en présence tous les acteurs. Extraits d’un compte-rendu d’audience du "JIR" daté du 26 avril 2008 :

Willy Caderby, ex-président de la SEMITA, à la barre du tribunal : « J’ai été contraint d’embaucher certaines personnes à la demande d’élus de la CIVIS par le biais de CV qu’ils me transmettaient. J’y étais obligé car la CIVIS était l’actionnaire majoritaire(...) C’était un samedi vers 13h. Michel Fontaine m’a convoqué avec Ortain. Il m’a signifié que je devais l’embaucher. C’est également Fontaine qui a fixé son salaire ».
Françoise Riani : « J’ai préalablement rencontré Michel Fontaine pour lui demander s’il ne pouvait pas me trouver un travail hors de l’hôpital car il y avait trop de personnel d’entretien. Je dois dire que je fais partie des proches de Michel Fontaine  ».
Willy Caderby : « Son contrat de femme de ménage n’a pas été renouvelé car Mallam ne le jugeait pas utile. Mais Michel Fontaine est intervenu par téléphone et directement à la Semita pour l’imposer »
Me Bernard Cahen, avocat d’Aslam Mallam, ex-directeur de la SEMITA : «  L’auteur principal , l’intellectuel, le deus ex machina n’est pas à votre barre ».
Conclusion du "JIR" : « Pour Me Jean-Louis Pelletier comme pour son confrère, l’actuel maire de Saint-Pierre est le grand absent et finalement le gagnant de ce procès . Faute de la véritable tête pensante à la barre, on crie “haro sur le baudet”. Pour Pelletier, la cause est entendue. Caderby est la mule d’un procès dont on charge injustement les épaules pour en faire le parfait bouc émissaire ».


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