Justice

« Les citoyens ont le droit de savoir »

Procès de la CIVIS

Sophie Périabe / 16 mars 2011

Lundi a débuté le procès des marchés informatiques truqués de la CIVIS au tribunal correctionnel de Saint-Pierre. Après une tentative de report du procès pour deux QPC (question prioritaire de constitutionnalité), l’affaire est maintenant jugée sur le fond. Les débats de lundi ont porté sur la création de la Semita. Hier, ce sont les passations de marchés qui étaient à l’ordre du jour.

Krishna Damour, conseiller municipal de l’opposition à Saint-Pierre se félicite du maintien de ce procès. « Je suis très satisfait que le procès n’ait pas été reporté. Les QPC n’ont pas été envoyés à la Cour de cassation, cela aurait retardé le procès d’au moins 6 mois ». En effet, même si les QPC soulevées par les avocats de Michel Fontaine notamment ont été jugées recevables, la présidente du tribunal Nathalie Ramage a décidé de ne pas les transmettre à la Cour de cassation. Le fond du dossier peut désormais être examiné.
Après avoir planché lundi sur la genèse de la Semita, SEM (société d’économie mixte) créée en mars 2002 en charge du parc informatique de la CIVIS, le tribunal s’est penché mardi sur les passations de marchés de cette SEM présidée par un proche de Michel Fontaine à l’époque, Willy Caderby.
L’objectif est de savoir s’il y a eu favoritisme dans l’attribution des marchés informatiques.
Pour Krishna Damour, le préjudice est énorme dans cette affaire, « plus de 10 millions d’euros ont été spoliés ».
Selon lui, « les contribuables saint-pierrois ont subi indirectement ce préjudice puisque le réseau informatique n’a pas été réalisé d’une part, et d’autre part, la compétence a ensuite été transférée vers la municipalité ».
L’élu de l’opposition municipale souligne que « le préfet de l’époque avait relevé certaines anomalies dans ce dossier mais les responsables de la CIVIS ont continué à agir de la sorte ».
Les responsabilités de chacun, élus, chefs d’entreprises, devront être établies dans cette affaire qui ne montre pas une très bonne image d’une certaine classe politique à l’approche d’échéances électorales.
« Le président de l’UMP Réunion qui est quand même impliqué dans cette affaire de détournement de fonds publics ». La Réunion en confiance, ou « l’UMP camouflée » aurait-elle donc du souci à se faire ? Oui, si l’on en croit Krishna Damour qui soutient que « même s’il n’y a pas d’élections à Saint-Pierre, les électeurs réfléchiront à deux fois avant de voter ».
En tout état de cause, « bien que Michel Fontaine soit président de l’UMP Réunion et proche du pouvoir exécutif et législatif, on espère que la justice gardera toute son indépendance pour faire la lumière dans cette affaire. Les citoyens ont le droit de savoir » conclut Krishna Damour.

SP


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