Justice

Mobilisation autour de Simone Yee Chong Tchi Kan

Solidarité avec une camarade injustement mise en cause

Témoignages.re / 30 janvier 2013

Au nom de l’Association Déclic solidarité, Simone a été co-signataire avec 2 autres personnes d’un communiqué dont certains termes ont été considérés par le maire et son 3ème adjointe de la commune comme « diffamatoire » et « portant atteinte à leur honneur ». A cette occasion, plusieurs sections du Parti communiste réunionnais étaient représentées mardi 29 janvier, au Tribunal de Grande instance de Saint-Denis, pour la soutenir. Compte-rendu d’audience.

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Le rendu des délibérations est prévu le 5 mars 2013, d’ici là, les Femmes Solidaires pour l’Emploi (FSE) restent solidaires de Simone Yee Chong Tchi Kan et s’insurgent contre l’injustice dont elle en est victime.

Lors de sa défense, Simone Yee Chong Tchi Kan a pointé du doigt l’absence des autres signataires du communiqué qui l’incrimine, ainsi que les journalistes qui ont directement dénoncé le maire de Trois-Bassins, Roland Ramakistin. En effet, en titre d’un article du journal “Le Quotidien”, un journaliste a directement accusé le blocage des contrats des treize femmes de l’association Déclic Solidarité Krénos, par le maire de Trois-Bassins. Il était écrit : « Roland Ramakistin bloque les contrats ».

Simone Yee Chong Tchi Kan a mis en évidence cet article devant le président du tribunal et les magistrats présents. Elle a, à plusieurs reprises, demandé « pourquoi est-ce que je suis la seule à comparaitre aujourd’hui ? ». Son avocat, Maitre Ferdinand a en partie répondu à la question lors de sa plaidoirie : « Tout ce qui les intéresse est d’avoir la peau de la prévenue ». En effet, après des semaines d’articles dans la presse, l’avocat s’est étonné de voir que seule Simone Yee Chong Tchi Kan était accusée : « Après des semaines de diffamation, on lui tombe dessus ». « La diffamation est en fonction de la personne qui parle et non une diffamation dans l’absolu ? » , s’est demandé Maitre Ferdinand.

« Pourquoi est-ce que je suis seule ici aujourd’hui ? »

Simone Yee Chong Tchi Kan a rappelé sa volonté d’aider des femmes à créer leur emploi à Trois-Bassins, dans un contexte de chômage croissant à La Réunion. Elle a rappelé qu’il ne s’agissait pas d’attaque personnelle, mais d’une réflexion vis-à-vis des actes, notamment l’octroi des contrats CAE-CUI à une association située aux Avirons. Simone a également indiqué « on a joué la passivité. On n’a pas attaqué les personnes, contrairement aux journalistes qui ont directement pointé du doigt Roland Ramakistin ».

Céline Tabou

Pourquoi le Parquet a-t-il déféré cette affaire ?

Tous les observateurs se sont étonnés de voir cette affaire renvoyée au Tribunal de Grande Instance. En effet, le cas d’ingérence a été révélé par la presse et mit en exergue par les propos de Christine Grondin, l’adjointe au maire de Trois-Bassins. Cette dernière a expliqué que les contrats avaient été attribués à une association des Avirons.

En effet, le transfert des contrats aidés a remis en cause la décision du Conseil général de payer le résiduel des recrutements CAE-CUI pour une durée de six mois. Ce procès se révèle être un procès politique destinée à faire pression sur Simone Yee Chong Tchi Kan, qui n’est pas une élue, une erreur de la poursuite, mais une « citoyenne engagée ». Simone Yee Chong Tchi Kan a bien indiqué que les communiqués incriminés mettaient en parallèle les nombreux articles parus dans les médias qui sont « le reflet de la pensée populaire »  ; toutes ces personnes ne se trouvent pas sur le banc des accusés.
Ni injure, ni diffamation

Maitre Ferdinand a expliqué que Simone Yee Chong Tchi Kan n’était pas renvoyé pour injure, mais « uniquement sur le fondement d’une diffamation selon l’article 29 de la loi de 1881 ». La loi stipule que « toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel le fait est imputé est une diffamation. La publication directe ou par voie de reproduction de cette allégation ou de cette imputation est punissable, même si elle est faite sous forme dubitative ou si elle vise une personne ou un corps non expressément nommés, mais dont l’identification est rendue possible par les termes des discours, cris, menaces, écrits ou imprimés, placards ou affiches incriminés. Toute expression outrageante, terme de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait est une injure ». A aucun moment, les signataires du communiqué n’ont mentionné le nom de Roland Ramakistin et Christine Grondin. Ces derniers n’ont pas mentionné leurs fonctions ou tout propos pouvant les reconnaitre. «  Dans quelle démocratie sommes-nous, si nous ne pouvons donner d’appréciation générale, de réflexion à caractère général dans le respect de la personne ?  », a indiqué l’avocat.
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