Justice

Procès d’Air Austral : quel est le rôle du service public d’information ?

Une ligne malveillante à l’encontre de l’entreprise réunionnaise

Témoignages.re / 22 juillet 2011

Au lendemain du procès d’Air Austral et de son PDG Gérard Ethève, Radio Première annonçait que ce dernier était venu au tribunal « avec sa garde rapprochée et une armada d’avocats ». La diffusion de ces fausses nouvelles confirme bien que pour cette affaire, le service public n’informe pas mais choisit d’attaquer Air Austral.

Toutes les personnes présentes à l’audience de mercredi au tribunal ont pu facilement constater que la salle était loin d’être remplie. Alors, comment expliquer que le lendemain, Radio Réunion Première annonce que Gérard Éthève est venu « avec sa garde rapprochée et une armada d’avocats » ?
Diffusée auprès de la population, cette nouvelle dit que le PDG d’Air Austral est venu avec de nombreux soutiens et avocats.
Pour que l’information de la population soit complète, on attend donc que le service public donne les noms des personnes qui composaient cette « garde rapprochée » et cette « armada d’avocats ». Cette précision, l’ex-RFO sera bien incapable de la donner car l’"information" diffusée sur ses ondes est fausse.
En effet, toutes les personnes présentes mercredi à l’audience ont pu constater que mis à part Alain Abadie, directeur commercial de la compagnie, toutes les personnes salariées à Air Austral présentes à l’audience étaient convoquées par le tribunal en tant que témoin ou prévenu. Une personne, voilà ce que Radio Réunion Première appelle une « garde rapprochée ».
Quant à « l’armada d’avocats » attribuée par le service public à Gérard Ethève, elle se résume elle aussi à une personne. Au total, trois avocats sont en effet intervenus lors des débats : celui de la partie civile, celui d’Air Austral et celui de Gérard Ethève.

Une grève lancée en direct à la télé

Pour cette affaire, le service public a donc décidé d’adopter une ligne malveillante à l’égard de la compagnie réunionnaise. Ce n’est pas un coup d’essai. En effet, le 18 mai 2010, quand la station du Barachois s’appelait encore RFO, les téléspectateurs du journal télévisé du soir avaient pu assister en direct au déclenchement d’une grève de quelques salariés d’Air Austral. C’était une grande première, car jamais sans doute dans l’histoire du service public audiovisuel, aussi bien à La Réunion qu’en France, des travailleurs ont pu obtenir les faveurs du direct pour lancer leur grève dans le journal télévisé, à une heure de grande écoute.
Il s’en est suivi des points réguliers de la situation des grévistes. Comme à quelques semaines des régionales lors de l’occupation du Conseil général menée par la future vice-présidente de la Région, RFO était sur la brèche.
Cette ligne a été confirmée lors de la couverture du procès. Il ne s’agissait pas d’informer sur le débat autour d’un conflit du travail abordé pendant 10 heures par un tribunal, mais de donner une image d’Air Austral en total décalage avec la réalité.
Après le lancement de la grève en direct sur RFO-télé, c’est à se demander s’il n’existerait pas des intérêts syndicaux derrière toute cette campagne de dénigrement.

M.M.


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