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24 août 2009
J’ai entre les mains – c’est une façon de parler – le tout dernier livre d’ Albert Jacquard. Son titre : « Le compte à rebours a-t-il commencé ? »
Pour le célèbre polytechnicien et généticien, longtemps, l’humanité a vécu en pensant qu’elle avait tout son temps, que le progrès n’en finirait pas de transformer le monde à notre avantage, que les hommes seraient toujours plus riches, plus beaux, plus performants…Cette époque est révolue. Nous savons maintenant que le temps nous est compté et qu’à force de travailler contre nous mêmes, nous risquons de fabriquer une Terre où aucun de nous ne pourra vivre ».
Je ne pouvais pas, samedi soir après le coup de fil que j’avais reçu vers 19h3O, ne pas prolonger ma lecture. C’est que, à l’autre bout du téléphone, mon interlocuteur n’y était pas allé de main morte. Les difficultés qu’il connaît dans son entreprise de terrassement trouveraient sûrement solution si je lui obtenais quelques petits marchés. Bien sûr, je comprends le désarroi dans lequel sont plongés nombre d’entreprises du BTP, surtout les petites dont leurs patrons sont face à de graves conflits d’ordre financier pour lesquels presque toutes les mesures prônées par le Gouvernement s’avèrent inadaptées. De là à s’attaquer de la sorte à tel ou tel élu –ce samedi, c’était moi – n’est pas acceptable.
Car, oui ou non, les organismes financiers de la République n’ont-ils pas été encouragés par les Ministères concernés à faire miroiter aux yeux des « petits » de notre île que les mesures des lois de défiscalisation leur convenaient à eux aussi et pas seulement aux industriels et gens qui payaient déjà l’Impôt sur la fortune sur l’ensemble du territoire français ?
Car, oui ou non, en ouvrant les vannes du mirage, les pouvoirs publics ont-ils agi de manière légère et irresponsable, donc coupable ? Oui ou non, plusieurs centaines d’engins de terrassements et de travaux publics, en trente six ou quarante huit mois, ont ainsi été vendus et donc lâchés dans le paysage de notre île sans que ceux qui créaient ainsi et de façon bien désinvolte les alléchantes facilités d’une défiscalisation virtuelle ne pensent à demain ? Aujourd’hui, "demain" est là. Et personne ne semble pas penser à un système qui a été abusivement proposé à des réunionnais dont un certain nombre n’avaient pas les moyens de se lancer dans l’aventure de la « défisc »
R.L.
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