La chronique économique
23 mars 2006
L’emploi et son avenir sont au cœur de toutes les réflexions. Aucune famille, aucune région, aucune profession n’est aujourd’hui épargnée par le chômage. Le mauvais partage de la valeur ajoutée empêche une véritable relance de l’emploi. Les salaires nets ont augmenté moins vite que la productivité. La part des richesses qui revient aux salariés a sérieusement diminué.
Le chômage touche davantage les jeunes que les adultes. Le taux de chômage élevé permet aux employeurs de choisir et éliminer tous ceux qui leur paraissent moins employables que les autres : ceux qui n’ont pas d’expérience professionnelle, ceux dont le parcours scolaire atteste de difficultés d’insertion sociale, celles qui risquent d’être plus souvent absentes (enfants obligent), ceux qui risquent de s’adapter plus difficilement en raison de leur âge...
À côté de cela, on assiste à l’essor des emplois précaires. De l’intérim aux contrats à durée déterminée (CDD) en passant par le Contrat nouvelles embauches (CNE), les formes d’emploi précaire ont plus que doublé en dix ans.
Ces différents types de contrats permettent aux entreprises de disposer une main-d’œuvre dont elles peuvent varier la quantité sans difficulté suivant la conjoncture.
Résultat : des plans sociaux à rallonge, mais aussi l’essor de tout un pan de l’emploi sous le régime de la précarité. Un schéma finalement peu éloigné d’un modèle ultra libéral.
Ces contrats sont-ils une introduction à un travail stable ou une manière pour les entreprises de profiter d’une main d’œuvre malléable ?
Selon les statistiques, pour les hommes comme pour les femmes, la probabilité d’accéder à un emploi stable à partir d’un emploi précaire reste faible. D’un emploi précaire, on retombe souvent dans un autre emploi précaire ou dans le chômage. Certains CDD sont parfois considérés comme des périodes d’essai, à rallonge...
Le Contrat nouvelles embauches (CNE) ou le Contrat première embauche (CPE) débutent par une “période de consolidation” de deux ans pendant laquelle ils peuvent être rompus sans justification.
Le CDD, le CPE ou le CNE entraînent l’ensemble du salariat vers plus de précarité. Ces contrats n’offrent aucune protection particulière contre le chômage. Les montants des indemnités de licenciement modestes (8% du montant total de la rémunération brute due au salarié depuis la conclusion du contrat pour le CPE et CNE) ne sont pas des freins bien dissuasifs !
Ces contrats placent le salarié dans une situation inconfortable s’il veut obtenir un prêt bancaire ou se loger. On doit donc s’interroger sur les répercussions que peut avoir cette incertitude sur la vie des individus et sur les projets familiaux par exemple.
Risham Badroudine
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