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Lutte des assistants d’éducation
22 août 2009

Après avoir déposé un référé au Tribunal administratif pour que la justice empêche dans l’immédiat tout licenciement en attendant de dire le droit qui permet l’intégration des jeunes dans l’Éducation nationale, les assistants d’éducation ont organisé une table-ronde avec des élus et des responsables syndicaux et associatifs.
Ils projetaient de le faire, ils sont passés à l’acte. Les assistants d’éducation ont saisi ce vendredi 21 août 2009 à 11 heures le Tribunal administratif. Ils demandent l’annulation de la décision du recteur de ne pas reconduire les 348 contrats arrivant à terme le 31 août prochain. À 14 heures, une rencontre a été organisée entre le mouvement des assistants d’éducation et un certain nombre d’élus, à l’initiative du collectif Agir Pou Nout Tout.
18 dossiers ont été déposés au Tribunal administratif ce vendredi 21 août. Les autres dossiers devraient suivre dans les jours à venir. La demande est unanime. Tous souhaitent leur intégration dans l’Éducation nationale. Ils se basent sur la loi du 26 juillet 2005 appliquant une disposition communautaire datant de 1999. Selon cette disposition, les agents employés par l’État voient leur contrat devenir un contrat à durée indéterminée au bout de 6 ans. Ce qui est le cas de la plupart d’entre-eux qui sont assistants d’éducation depuis 6 ans et qui ont auparavant fait partie des emplois jeunes.
La loi qu’ils citent est controversée, le recteur de l’Académie de La Réunion affirme en effet qu’elle ne s’applique pas à leur cas. Mais pour Élie Hoarau, député réunionnais au Parlement européen, « il est certain que cette loi s’applique ». « Ils ont des contrats de 6 ans, ils sont employés par l’État, il n’y a aucune raison que le Tribunal administratif ne tranche pas en leur faveur », a-t-il martelé. La réponse de la juridiction administrative devrait tomber dans « 3 semaines minimum ».
Par ailleurs, le collectif Agir Pou Nout Tout avait invité l’ensemble des forces politiques et sociales de La Réunion à une rencontre pour débattre de la situation des assistants d’éducation. Y ont répondu Élie Hoarau, les conseillers régionaux Yvon Virapin et Raymond Mollard (Alliance) ainsi que des représentants de l’association des maires de La Réunion (AMDR), de la Ville de Saint-Benoît, de La Possession et du député-maire du Tampon, Didier Robert.
Tous ont une nouvelle fois apporté leur soutien aux 348 assistants d’éducation, en grève depuis plusieurs semaines. Le représentant de l’AMDR, Aldo Miquel, a demandé au préfet d’organiser une table ronde afin de trouver une solution au problème. Le représentant de Didier Robert, Eddy Payet, a quant à lui fait part de la possibilité pour le député-maire d’intégrer 18 assistants d’éducation dans les écoles du Tampon. « Mais il faut une démarche globale et départementale », a-t-il souligné.
Pourquoi dire que 348 jeunes n’auront plus d’emploi ?
« 348 jeunes n’auront plus d’emploi » : selon le journal de Télé Réunion hier soir, l’issue ne fait guère de doute. Et demander au Tribunal administratif de dire la loi pour que les jeunes Réunionnais soient embauchés en CDI est un « recours judiciaire à l’issue incertaine et trop lointaine ».
Par contre, la proposition de Didier Robert de rechercher une solution pour intégrer 18 personnes dans la commune du Tampon a été présentée comme une issue possible. Mais Télé Réunion n’a pas été au bout de la logique qui aurait été d’affirmer que 330 jeunes n’auront plus d’emploi, c’est-à-dire 348 moins les 18 qui travaillent au Tampon. Pourquoi ? L’explication pourrait se situer dans l’Histoire récente de notre pays.
Dans son reportage, Télé Réunion n’a pas rappelé que Didier Robert, président du Conseil d’administration du Centre hospitalier Sud Réunion, a décidé de licencier des dizaines de personnes qui travaillaient depuis des années dans ce service public. Est-ce parce que Télé Réunion a tiré les enseignements de ce précédent que, pour le service public, la cause est entendue ? Car ce que dit Télé Réunion, c’est que tous les jeunes, y compris ceux qui travaillent au Tampon, seront au chômage.
Mais ce n’est pas parce que Didier Robert n’apporte pas la solution que la démarche des assistants d’éducation est vouée à l’échec. La loi ordonne en effet l’intégration en CDI dans l’Éducation nationale. Et donc les jeunes ne sont pas encore au chômage.
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