Face à la crise

L’État augmente sa participation dans le salaire des CAE

4 avril 2009, par Manuel Marchal

230.000 en 2008 à 330.000 en 2009 : c’est le nombre de contrats aidés que le gouvernement voudrait voir employer dans le secteur non-marchand (les collectivités, les associations ou les hôpitaux notamment). Après avoir décrété la mobilisation générale des préfets, Paris annonce que sa part dans le financement du salaire passe à 90%. Quant au volet pérennisation de ces emplois, il s’appuie en particulier sur le RSA. Or, à La Réunion, le RSA est retardé de trois ans.

Le 5 mars dernier, le gouvernement avait adressé aux préfets une circulaire indiquant que pour les embauches de travailleurs en contrats aidés, « les premières semaines de l’année 2009 montrent des résultats nettement en deça de la programmation du 1er semestre 2009 ». Laurent Wauquiez et André Marleix, secrétaires d’État respectivement chargés de l’Emploi et des Collectivités territoriales, demandaient donc à tous les préfets une mobilisation sans faille : « les collectivités territoriales et leurs établissements, les hôpitaux (…) devront être systématiquement sollicités par vous-mêmes et les services de l’emploi placés sous votre responsabilité », précisait la circulaire interministérielle qui ajoutait que « les perspectives offertes par la réforme programmée de la formation professionnelle, les plans métiers des différents ministères, comme l’ouverture, par la loi généralisant le RSA et réformant les politiques d’insertion des formations, des actions de formation du CNFPT aux contrats aidés, doivent permettre de renforcer la vocation d’étape d’un véritable parcours d’insertion professionnelle de ces dispositifs ».
Hier, un communiqué de la Préfecture annonce que le gouvernement « vient de décider de majorer la prise en charge par l’Etat » des CAE, « celle-ci passe à 90% au minimum pour tous les bénéficiaires ». Cela concerne les demandeurs d’emplois de longues durées, les anciens détenus, les travailleurs handicapés, et des jeunes de moins de 26 ans « non qualifiés, en difficulté ». L’État veut donc voir augmenter le nombre d’emplois aidés, tout en précisant qu’« une majoration de l’aide existe lorsque des engagements en terme de formation sont pris par l’employeur ».
La circulaire précise que les nouveaux moyens dégagés s’appuient notamment sur le RSA, afin que les bénéficiaires de ces contrats puissent envisager une véritable pérennisation. À La Réunion, le RSA est retardé de trois ans, du fait de la création d’un dispositif dérogeant à l’égalité républicaine : le RTSA. Gageons que l’État puisse garantir l’égalité de moyens entre un travailleur en CAE en France et un travailleur en CAE à La Réunion.
Car encore plus qu’en France, un contrat aidé est souvent à La Réunion le seul moyen pour qu’un travailleur puisse obtenir un emploi. En France, le RSA est intégré dans ce plan de relance. Cela veut donc dire qu’à La Réunion, un dispositif égal est dans les tuyaux, sinon l’opinion ne comprendrait pas pourquoi une telle différence de traitement face aux conséquences de la crise.

M.M.

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