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La bombe de la rentrée scolaire

L’État licencie des centaines de travailleurs réunionnais

28 janvier 2008 Manuel MARCHAL

Un total de 1.000 emplois supprimés, dont 343 dans la filière administrative : c’est le programme de cette fin d’année scolaire à La Réunion. Contre cette décision de l’État, nouveau temps fort de la mobilisation pour l’emploi des travailleurs réunionnais : rassemblement ce matin devant le Rectorat et grève illimitée. Au-delà des précaires, le mouvement s’étend aux autres agents de l’Éducation nationale et aux parents d’élèves dans la solidarité la plus large.

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Nouvelle mobilisation contre la casse sociale à 11 heures devant les grilles du Rectorat. Les agents précaires de l’Éducation nationale poursuivent leur lutte pour éviter une catastrophe sociale à La Réunion : le licenciement de plusieurs centaines de travailleurs. Leurs collègues titulaires soutiennent solidairement ce combat.
Ils sont une centaine à avoir été renvoyés en décembre dernier, ils seront environ 250 à être dans la même situation cette semaine. Ils sont employés par l’État, et l’État ne renouvelle pas leur contrat. C’est sans doute la plus claire illustration du désengagement de l’État à La Réunion.
En effet, alors que la lutte contre le chômage est la priorité numéro 1 dans l’île, l’État met fin aux contrats de travailleurs qui remplissent depuis des années des tâches indispensables au fonctionnement des collèges et des lycées. Si cette décision n’est pas remise en cause, ce sont des charrettes de plusieurs centaines de licenciements que risque de connaître La Réunion. C’est un drame d’une ampleur significative.

Des charrettes de centaines de travailleurs

En remontant dans le temps, chacun a encore en mémoire la liquidation d’Air Bourbon. La fin de la compagnie aérienne avait poussé au chômage 165 personnes. Cet événement avait eu un retentissement considérable.
Aujourd’hui, ce chiffre est à multiplier par deux pour les licenciements immédiats, et par six pour les suppressions d’emplois à venir. Ce sont autant de drames humains, car dans une île ravagée depuis des décennies par le chômage massif, comment ces Réunionnais vont-ils retrouver un travail ?
Lors de sa dernière conférence de presse, l’Intersyndicale a avancé le nombre de 2.000 travailleurs précaires dans le service public d’éducation.
Ce phénomène est persistant à La Réunion. Alors que l’Académie est en queue de peloton en termes de taux d’encadrement TOS, le recours à des contrats précaires et sous-payés est une politique poursuivie depuis plusieurs gouvernements. Au moment où l’État prend la décision de transférer les TOS des collèges et des lycées aux collectivités locales, on dénombrait 1.300 titulaires pour 700 précaires. Quant aux services administratifs, les précaires formaient au 31 décembre 2007 la majorité des effectifs.

Des économies sur le dos des travailleurs

Or, ces derniers font un travail indispensable depuis des années, c ce qui veut dire que pour remplir ces missions, l’État aurait dû recruter des fonctionnaires. Mais ce recours à la précarité permet à l’État de faire de substantielles économies. En effet, un travailleur en Contrat aidé ne touche pas de prime de vie chère, n’a pas de plan de carrière ou de formations, et n’a pas droit au régime de retraite de la fonction publique d’État.
Concrètement, un agent administratif qui travaille à temps partiel depuis 10 ans dans un établissement scolaire ne touche qu’une partie de SMIC. Si l’État avait recruté, le salaire versé prendrait en compte le cadre d’emploi, ainsi que 10 ans d’ancienneté. Sans compter qu’au moment du départ en retraite de l’agent, l’État doit lui verser une pension. À multiplier cet exemple par le nombre de travailleurs concernés, cela donne l’ampleur des économies réalisées sur le dos des travailleurs réunionnais.
Enfin, le travailleur en Contrat aidé peut être licencié du jour au lendemain après des années de bons et loyaux services. C’est ce qui est en train de se passer pour des centaines de Réunionnais.

Manuel Marchal

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1 Message

  • > L’État licencie des centaines de travailleurs réunionnais 28 janvier 2008 18:31, par nicolas de louest

    Que l’on défère le rectorat devant le tribunal administratif pour recours abusif à des contrats aidés ! 14 ans pour certains dnas le circuit honteux des contrats aidés, sans qu’on ait pu leur proposer une intégration via concours interne (où est le bénéfice des formations acquises ??), ce n’est pas normal, cela n’est pas digne d’un service de l’état...koi zot i fé le rectorat ? avec les surrém, combien d’emploi ont pourré sauvegardé !!!

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<p>Les étudiants du Campus du Moufia se sont mobilisés à nouveau hier pour exprimer leur mécontentement. (photo Imaz Press Réunion)</p>


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