L’Europe ne doit pas se faire dans le dos des peuples !

30 janvier 2008

Le nouveau Traité européen signé à Lisbonne par les chefs d’Etat et de gouvernement en décembre revêt une importance considérable sur la vie économique sociale et politique de notre pays. D’ailleurs, sa ratification exige préalablement une révision de la Constitution française qui doit être votée avec au moins 3/5 des suffrages exprimés par les députés et des sénateurs réunis en Congrès à Versailles le 4 février prochain.
Le Congrès du Parlement est composé de 331 sénateurs et de 577 députés. Le total des suffrages potentiels est donc de 908 voix. Dès lors, la majorité des 3/5 est égale à 545 voix. La minorité de blocage des 2/5 est de 364 voix.
Si l’on additionne toutes les voix de la droite et du centre, on arrive à 539 voix, ce qui reste une hypothèse haute, ce comptage incluant 15 parlementaires souverainistes dont on ne sait pas comment ils voteront. Il manque 6 voix ! En rassemblant tous les non-inscrits des deux assemblées, on arrive à un total de 552 voix, soit exactement 7 voix d’avance. C’est très court ! Il suffit que 8 d’entre eux votent contre la réforme de la Constitution pour que Nicolas Sarkozy manque sa majorité.
À l’inverse, la minorité des 2/5, qui suffit à empêcher la révision, est de 364 voix. Si l’on additionne toutes les voix des parlementaires socialistes, communistes, MRC, Verts, radicaux de gauche, on arrive à 356 voix. Il manque donc 8 voix si tous les élus UMP et centristes sont présents et votent, et si tous les souverainistes, tous les non-inscrits et tous les centristes votent avec elle.
Selon un sondage réalisé par l’institut Louis Harris, en novembre, 63% des citoyens français demandent un référendum. Si les parlementaires de “gauche”, et plus particulièrement du parti socialiste, décident de représenter effectivement la volonté du peuple en votant “non” à la révision constitutionnelle, et demandent un référendum comme s’y était engagée Ségolène Royal lors de la campagne présidentielle, la partie peut donc être particulièrement serrée pour Nicolas Sarkozy.
En démocratie, le Parti socialiste et les partis de gauche s’honoreraient d’appliquer un principe simple : Ce que le suffrage universel a décidé ne peut être tranché à nouveau que par le suffrage universel.
En 2005, plus de 60% de Réunionnaises et de Réunionnais se sont prononcés contre le Traité constitutionnel européen. En 2008, les élus désignés par le peuple pour le représenter ne peuvent pas approuver une modification de la Constitution qui entraînerait la ratification par voie parlementaire du nouveau traité.
Lorsque le pouvoir en place, avec la complicité des médias, qualifie ce nouveau traité de « mini traité », il ment... Ce traité modifié est, selon Giscard d’Estaing, qui sait de quoi il parle, une copie du Traité constitutionnel. Il n’est pas simplifié, mais, au contraire, davantage complexifié. Avec quelques modifications de termes, il garde la même trame politique d’asservissement des peuples européens à une économie ultra-libérale.
Au niveau de La Réunion, les conséquences seraient redoutables.
La Réunion compte 8 parlementaires : la Députée Bello Huguette (PC), les Députés Fruteau Jean-Claude (PS), Lebreton Patrick (PS), Robert Didier (UMP), Victoria René-Paul (UMP), les sénatrices Hoarau Gélita (PC), Payet Anne-Marie (ex-UDF) et le Sénateur Virapoullé Jean Paul.
Aujourd’hui, dimanche 27 janvier, ils n’ont toujours pas signé l’appel qui leur a été envoyé par le Comité National pour un Référendum, pourtant, leurs votes lors du congrès réuni à Versailles seront très importants pour l’avenir des Réunionnais.

Jacques Pénitot


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