APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
“Alon filozofé” ...!*
Billet philosophique
1er juin 2007, par

C’est en 1943, dans “L’Être et le néant”, que le philosophe français Jean-Paul Sartre a sorti cette phrase : « L’existence précède l’essence ». Beaucoup de gens ne la connaissent pas ou ne la comprennent pas ; en tout cas, souvent nous ne l’intégrons pas dans nos réflexions et dans nos propos.
Pourtant, il est difficile aujourd’hui de penser, de s’exprimer et d’agir en ignorant tout ce que signifie cette phrase. On ne peut plus penser comme avant, comme si Jean-Paul Sartre ne l’avait pas écrite et n’avait pas construit là-dessus toute une philosophie, que l’on appelle l’existentialisme.
L’existence, c’est le fait d’exister, « la présence effective dans le monde ». L’essence, c’est ce que l’on est, c’est notre nature, notre identité. Or il est évident que l’on existe avant d’être ceci ou cela. Mais qu’est-on ? Qui est-on ? Et qu’est-ce qui fait notre essence ?
La réponse n’est pas simple car l’approche de la question identitaire est multiple. Ainsi, on est à la fois - entre autres - ce que l’on se sent être et ce que l’on fait. Mais on est aussi ce que les autres pensent que l’on est. Notre identité est celle que nous avons reçue, celle que nous ressentons, celle où nous nous reconnaissons ; mais notre identité est également celle que l’Autre nous attribue.
Notre identité est très complexe. Car elle est constituée de facteurs très divers : notre histoire personnelle, notre environnement géographique, historique, social et culturel etc. Notre identité, c’est notre sexe, notre nom et prénom voire surnom, notre caractère et notre sensibilité, notre lieu de vie et notre façon de vivre, seul, en famille, avec les autres. Notre identité c’est notre statut social, notre profession, notre âge, notre appartenance ethno-culturelle, nos opinions et nos croyances, nos comportements et nos actions...
Notre identité est également variable selon l’espace et le temps, elle n’est jamais définitive, elle évolue. Dans telle ou telle circonstance, je suis ceci ou cela ; selon ce que je fais, je suis ceci ou cela. On ne peut donc jamais réduire la nature, l’essence, l’identité d’une personne à une seule notion, qualité ou fonction.
Par exemple, si je me définis comme chrétien, est-ce que j’incarne par mes actes les valeurs de l’évangile ? Autre exemple : si je me définis comme communiste, est-ce parce que suis membre d’un parti communiste ou parce que je défends par mes actes les valeurs du communisme ?
À l’inverse, on ne peut pas attribuer une étiquette identitaire définitive à une personne. Cette personne est ce qu’elle fait maintenant. Elle sera quelqu’un d’autre si ensuite elle agit différemment.
Par exemple, aujourd’hui une personne peut énoncer un mensonge et demain dire la vérité ; on ne peut donc pas la qualifier définitivement de menteur ou d’honnête homme. Il n’est pas juste de qualifier pour la vie quelqu’un de malfrat.
Nous existons d’abord, et ensuite nous sommes ce que nous faisons. C’est notre liberté et notre responsabilité.
Roger Orlu
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Messages
6 janvier 2010, 18:05
il n’arrive pas souvent de comprendre une pensée philosophique sans l’avoir contextulisé parce que le philosophie avant d’emettre la pensée, a déjà en tête une thèse qu’il compte défendre. C’est pourquoi il est toujours evident de chercher à comprendre à priori le contexte dans lequel la pensée est imise. Disons ceci juste pour arriver la penée de Jean-Paul Sartre disant"L’existence précède l’essence"
29 janvier 2010, 19:29, par lukas81
ceci peut il s’appliquer à la définition d’identité nationale ?
à savoir : peut on définir l’identité d’un groupe ou d’une nation si on nie l’existence de toute une partie des composantes de ce groupe ou de cette nation ?
23 avril 2012, 22:16, par Dyne
Je viens juste de lire vos commentaires sur "L’existence précède l’essence" Je crois que c’est si bien dit que j’aimerais savoir si vous pourriez nous faire cette parallèle entre l’absurde de chez Sartre et chez Camus. J’ai beau essayez, mais je suis perdue.
Note : quelles sont les differences et les ressemblances entre ces deux sortes d’absurdes ? si je peux le dire !
J’apprécierais bien vos efforts.
Merci d’avance !