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Forum économique mondial de Davos en pleine crise
27 janvier 2012
Le Forum économique mondial (WEF) de 2012, a ouvert ses portes, jeudi 26 janvier, à Davos dans un climat tendu, après des années de crise économique et financière ainsi que les perspectives économiques mondiales en berne. Face au monde, l’Europe reste la principale inquiétude des dirigeants.
En l’absence de solutions pour résoudre la crise de la dette souveraine, relancer la croissance et l’emploi, les dirigeants autoproclamés de la zone euro, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont fait montre de leur désarroi face à une situation économique morose.
Le climat actuel se traduit par la volonté de la chancelière allemande d’une « Europe réformée, sans réformes, l’Europe deviendra un marché pour les touristes », lors de son intervention. Cette dernière a d’ailleurs prouvé son incapacité à résoudre la crise, « avons-nous tiré les leçons de la crise ? J’avais répondu ‘non’ l’an dernier, je réponds encore par la négative cette année ». Fustigeant les plans d’austérité, Angela Merkel a pointé l’insuffisance des réformes. Réformes qu’elle et le président français avaient promis, l’an dernier, en rédigeant un nouveau traité. Encore attendu aujourd’hui.
De son côté, Nicolas Sarkozy tente le quitte ou double, en laissant filtrer une phrase auprès des journalistes du “Monde”, « en cas d’échec, j’arrête la politique. Oui, c’est une certitude », aurait-il ainsi déclaré, s’il n’obtenait pas un second mandat présidentiel. Possible aveu de défaite, l’hyper président se rend compte de son bilan national, mais également européen. Après être parvenu à unir les pays membres de la zone euro au début de la crise, Nicolas Sarkozy s’était alors érigé en sauveur de l’Europe et de la finance mondiale, lors de sa présidence au G20/G8. Mais forcé de constater qu’aujourd’hui, les dirigeants de la zone euro et de l’Union européenne, la Grande-Bretagne en tête, font face à des difficultés que la gouvernance européenne menée par le couple « Merkozy » n’a pu résoudre.
La conjoncture économique et politique actuelle met en avant des dirigeants sortants qui pour la plupart ont fait campagne sur le contrôle des importations venues des pays émergents et de l’immigration, accentuant le chômage, comme ce fut le cas en Espagne et en Italie. Aujourd’hui, tous les dirigeants sortants, en grande majorité ultra-libéraux, ne peuvent plus mettre la crise sur le dos de leurs alliés commerciaux, ni de leurs voisins, car la crise touche le monde, d’Amérique à l’Asie, en passant par l’Afrique et l’Europe.
Les difficultés économiques ne viennent plus de la main d’œuvre exploitée et sans-papier, mais de la gestion des politiques publiques qui ne répondent plus aux critères du Traité de Maastricht et qui accroit les déficits publics. Comme l’estime le FMI et la Banque Mondiale, la croissance économique mondiale vient de la mauvaise gestion des budgets d’État, et non de la concurrence jugée « déloyale » des pays émergents.
Céline Tabou
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