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Le problème des déchets n’est pas réglé
25 avril 2006
Lors de sa conférence jeudi dernier, le Parti communiste réunionnais avait rappelé l’opposition systématique des populations concernées lorsqu’elles apprennent qu’un incinérateur est prévu dans leur environnement.
Ceci s’explique très simplement : l’incinération apporte plus de problèmes qu’elle n’en résout. Elle transforme les déchets, elle ne les élimine pas.
Reste alors la question du traitement des déchets qui reste entière, car ces derniers ne sont pas détruits mais transformés sous une forme encore plus dangereuse car ce qui sort d’un incinérateur reste en grande partie de l’ordre de l’inconnu.
Selon le collectif marseillais d’opposants à l’incinérateur (1) , l’incinération nécessite 3 décharges :
une décharge de classe I pour les déchets toxiques.
une décharge de classe II pour les déchets ménagers.
une 3ème décharge : l’être humain.
Et de préciser que "lorsque l’on incinère 1 tonne de déchets, on obtient :
250 à 300 kg de mâchefers toxiques qu’il faut lessiver pour neutralisation, qui ont le droit d’être déposés en décharge de classe II ;
30 à 100 kg de REFIOM (Résidus d’épuration de fumées d’incinération des ordures ménagères) : les cendres".
D’encombrant à dangereux
Résultat : on a réduit le volume des déchets mais on a changé la nature des déchets.
D’encombrants, ils sont devenus toxiques. "En effet, la chaleur de la combustion produit des mélanges nouveaux", écrit le collectif qui note que "les résidus chlorés (PVC) se lient à la matière organique (végétale et animale) pour dégager des Dioxines".
Concernant les REFIOM (Résidus d’épuration des fumées d’incinération des ordures ménagères), "ils sont récupérés par un traitement qui consiste à laver les fumées avant le dégagement des gaz résiduels à l’atmosphère".
"Au mieux ce traitement est effectué, au plus il y aura de REFIOM récupérés à mettre en décharge de classe I.
Il faudra aussi décontaminer les eaux qui ont servi au lavage ...", indique le collectif.
"On n’en sort pas. L’incinération apporte plus de problèmes qu’elle n’en résout", note le collectif marseillais.
Ceci montre pourquoi on assiste partout à un recul de ce mode de traitement des déchets.
Contradiction
La conseillère générale de Saint-Pierre, Graziella Leveneur, note d’ailleurs que "l’installation de 2 incinérateurs à La Réunion va même contre les déclarations de la ministre de l’Écologie, Nelly Olin, qui intervenait en conclusion des Assises nationales des déchets, à La Baule en Loire-Atlantique". Et de préciser que le 21 septembre 2005, Nelly Olin "a fixé des objectifs chiffrés de réduction des déchets ménagers afin de préserver les ressources naturelles, de protéger les citoyens des nuisances liées au traitement et de limiter le coût du traitement qui ne cesse de progresser".
“Le Monde” confirme d’ailleurs cette volonté : "L’objectif affiché par les pouvoirs publics est d’abaisser la part de l’incinération et la mise en décharge, à 45% du total dans 10 ans (contre 80% aujourd’hui)".
Cela rend d’autant plus inexplicable la volonté d’implanter un tel équipement sur notre île.
(1) Sur internet à l’adresse suivante : “http://incinerateur.non.free.fr”
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