Adoption de la Charte de Bangkok

L’O.M.S. fait de la réduction des inégalités son cheval de bataille

17 août 2005

Les participants à la Sixième Conférence mondiale sur la promotion de la santé, co-organisée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Ministère thaïlandais de la Santé publique, ont adopté jeudi dernier la Charte de Bangkok pour la promotion de la santé. Elle définit les principaux enjeux à traiter ainsi que les actions et les engagements qui seront nécessaires afin d’atteindre l’objectif de la “Santé pour tous”.

La Charte de Bangkok souligne l’évolution de la situation de la santé mondiale. Elle insiste particulièrement sur le double défi que représentent la prise en charge des pathologies infectieuses (VIH, paludisme, tuberculose...) et des maladies chroniques, parmi lesquelles les cardiopathies, les accidents vasculaires cérébraux, le cancer et le diabète.
Elle donne une nouvelle orientation à la promotion de la santé en réclamant une cohérence politique, des investissements et la formation de partenariats entre les gouvernements, les organisations internationales, la société civile et le secteur privé dans le cadre de quatre engagements fondamentaux :

- veiller à ce que la promotion de la santé occupe une place centrale dans le développement mondial ;

- qu’elle fasse partie des responsabilités essentielles des gouvernements ;

- qu’elle soit intégrée dans les pratiques des entreprises ;

- qu’elle soit l’un des centres d’intérêt des initiatives des communautés et de la société civile.

Des inégalités inacceptables

Les participants à la Conférence de Bangkok ont également fait état des inégalités inacceptables face à la santé. Le professeur Michael Marmot, Président de la Commission OMS des déterminants sociaux de la santé, a ainsi dénoncé les différences d’espérance de vie pouvant atteindre 48 ans entre les pays et parfois 20 ans ou plus dans un même pays.
L’un des défis à relever par la Charte de Bangkok a été de déterminer comment faire face au mieux aux nombreux changements et aux tendances ayant un effet crucial sur la santé et le bien-être, et comment faire évoluer les stratégies de promotion de la santé pour réduire les inégalités et mieux répondre aux demandes du nouveau millénaire.
La conférence s’est occupée de nombreux problèmes relevant de ces défis. Les débats ont abordé des thèmes très divers : le rapport entre les accords de commerce et la santé publique, la réglementation des produits nocifs, l’expérience des groupes marginalisés en matière de santé ou encore le rôle des fondations du secteur privé.


Les enfants victimes de la pollution automobile

La pollution de l’air, en particulier celle émanant des rejets de moteurs de véhicules, est extrêmement nocive pour les enfants. Selon une étude, publiée dans la revue médicale britannique “Journal of Epidemiology and Community Health”, l’exposition à cette pollution, pendant la grossesse ou la petite enfance, augmente fortement le risque de développer un cancer, dès le plus jeune âge.
D’après l’équipe du Pr George Knox, de l’Université de Birmingham, deux gaz, le monoxyde de carbone et le butadiène, principalement issus des gaz d’échappement des moteurs diesel, sont spécialement nuisibles. Ils ont d’ailleurs relevé une "concentration extraordinaire de cancers dans une zone située à 300 mètres de gares routières ou d’autobus".
En France, des chercheurs de l’INSERM avaient précédemment réalisé une étude dans quatre villes (Nancy, Lille, Lyon et Paris) portant sur 280 cas de leucémie aiguë. Il en ressort que vivre près d’un garage ou une station-service pourrait quadrupler le risque de leucémie infantile.


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