APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Quelles propositions face à un rendez-vous inévitable et décisif ?
26 février 2010, par

Nous avons analysé l’enjeu des APE (Accords de Partenariat Economique) dans notre édition du jeudi 25 février 2010. Autre enjeu important dans les 4 ans, rappelé par le candidat de l’Alliance Paul Vergès lors de sa rencontre avec la société civile, est celui de la filière canne et agricole en général. La remise en cause des marchés d’exportation protégés pour notre économie, avec cette question : quel avenir pour la filière canne après 2014 ? La crise alimentaire qui a frappé les pays les plus vulnérables en 2007/2008 et l’instabilité des cours des matières premières nous ont rappelé la fragilité de notre situation : notre île dépend de lieux situés à des milliers de kilomètres pour son approvisionnement dans tous les domaines. L’autosuffisance alimentaire est donc aujourd’hui une nécessité.
Les filières canne à La Réunion et banane aux Antilles ont bénéficié jusqu’à présent de quotas et de prix garantis, dans le cadre d’Organisations communautaires de marché de l’Union Européenne. Or, l’Union Européenne s’intègre chaque jour davantage dans la mondialisation des échanges commerciaux. Elle doit donc s’adapter aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Celle-ci exige de plus en plus la suppression des quotas, des prix garantis et des aides publiques dans le cadre d’une économie libérale. De ce fait, de sérieuses menaces pèsent sur la profession à La Réunion. Par exemple, c’est pour répondre aux exigences de l’OMC que l’Union Européenne a décidé en 2006 de baisser le prix du sucre de 36%. Cette décision a entraîné une baisse de revenu pour notre filière canne-sucre. D’où la décision de l’Union Européenne et du Gouvernement de compenser cette baisse de revenu par des subventions. Ces aides sont assurées jusqu’en 2014. Mais il est clair que la Direction idéologique de l’OMC, c’est la « concurrence libre et non faussée », ce qui signifie la remise en cause des subventions, accusées de « fausser la concurrence ». D’où cette interrogation pour l’après 2014.
Un rendez-vous inévitable
Il ne faut pas sous-estimer les difficultés à négocier le prochain règlement sucrier car des contraintes très fortes, externes comme internes, pèsent sur l’Union Européenne et la France.
Le régime sucrier européen a été condamné par l’OMC depuis plusieurs années. L’UE doit se mettre en conformité sous peine de sanction, donc ouvrir son marché à des sucres produits par des pays ayant un coût de production très inférieur à La Réunion en diminuant les taxes. Résultat : le sucre réunionnais est voué à entrer un jour en concurrence avec le sucre brésilien, indien... car ce n’est pas l’Europe, ni la France ou La Réunion qui fixent la direction idéologique de l’OMC, et les mesures qui en découlent.
Les Accords de partenariat économique (APE) sont une conséquence de l’adaptation aux règles de l’OMC, d’une part, et à l’amplification de la coopération de l’Inde et de la Chine avec les pays africains, d’autre part. En quelques années, tous ces changements vont bouleverser l’économie réunionnaise. Comment anticiper ces rendez-vous inévitables tout en apportant une réponse crédible à l’urgence sociale matérialisée par 52% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté ? Telle est la question posée à tous les candidats aux Régionales. Et mise à part l’Alliance, aucun n’y répond.
Oser les challenges
Or, nous devons défendre les intérêts de nos planteurs auprès de l’Europe et développer notre filière agricole en se fixant pour objectif l’autosuffisance alimentaire.
Dans le cadre du développement durable, l’agriculture a notamment pour but de garantir un revenu suffisant pour les agriculteurs, de donner des possibilités à La Réunion d’être moins dépendante des fluctuations des marchés extérieurs, tout en préservant pour les générations à venir le cadre de vie nécessaire à leur épanouissement. Ce développement doit également prendre en compte un milieu fragile, et une biodiversité riche qu’il convient de préserver.
Les cultures maraîchères, légumières et fruitières, ainsi que la production de certaines viandes doivent permettre ainsi à l’agriculture réunionnaise de couvrir une bonne partie de la consommation locale. Il faut l’encourager dans ce sens.
La crise alimentaire qui a frappé les pays les plus vulnérables en 2007/2008 et l’instabilité des cours des matières premières nous ont rappelé la fragilité de notre situation : notre île dépend de lieux situés à des milliers de kilomètres pour son approvisionnement dans tous les domaines.
La reprise de l’expérimentation est un devoir, surtout si les cours mondiaux des céréales continuent leur progression actuelle.
Nous devons donc à la fois produire davantage localement, accroître la valeur ajoutée produite dans l’île et diversifier nos sources d’approvisionnement, notamment pour les intrants en matière agricole.
Jean-Pierre Avril, Président de Qualitropic, a rappelé lors de la présentation du projet économique de l’Alliance combien la volonté politique est nécessaire pour « oser les challenges » : « la volonté politique permet de transcender les challenges et d’aller plus loin ».
L’Alliance propose ainsi que la Région participe activement, en partenariat avec les producteurs locaux, à toutes les opérations visant à la promotion de la production locale.
Sanjiv Dinama
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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