APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Des difficultés liées à l’augmentation du chômage
7 août 2009, par

La Banque de La Réunion a perdu près de 50 millions d’euros en 6 mois. Il faut remonter à 1972-73 pour trouver un résultat aussi négatif. La crise que connaissent les ménages ou les professionnels se répercute sur la banque. Rappelons que la barre des 115.500 demandeurs d’emploi a été dépassée à La Réunion. De même, on observe une progression des dossiers de surendettement au 1er trimestre 2009.
L’établissement financier doit provisionner 65 millions d’euros sur l’exercice en cours, afin d’anticiper les risques de pertes.
Les effets de la crise conjoncturelle se font de plus en plus sentir. Ils viennent s’ajouter à une crise structurelle. En effet, les derniers chiffres de la Direction du Travail ont indiqué que le nombre de demandeurs d’emploi a dépassé la barre de 115.500 personnes à La Réunion. Lorsqu’on analyse les motifs d’entrée au Pôle Emploi, on constate que la plus forte progression sur un an concerne le licenciement économique (75,5%).
La dernière note de conjoncture de l’IEDOM montre également que notre île est durement touchée par la crise. Le ralentissement de la croissance de l’économie réunionnaise constaté à la fin de l’année 2008 se poursuit en 2009. Selon l’IEDOM, tous les indicateurs socio-économiques montrent le ralentissement de l’économie. On observe une chute de la consommation, de l’investissement et une progression du nombre de demandeurs d’emploi.
A cela s’ajoute une progression des dossiers de surendettement au 1er trimestre 2009. En effet, le nombre de dossiers déposés a augmenté de 70%. Cette hausse est liée à celle du chômage.
Le surendettement explose
En effet, les licenciements économiques et les fins de Contrats à Durée Déterminée ont entraîné une baisse du revenu disponible, ce qui entraîne l’impossibilité de faire face à des échéances qui étaient calculées en fonction d’une autre situation. Dans 60% des cas, les ménages surendettés sont des demandeurs d’emploi, selon l’IEDOM. Les autres catégories socio-professionnelles les plus touchées sont les employés (30% des cas) et plus loin derrière les retraités (6,5%). (Voir graphique “Les plus touchés par le surendettement”).
Ces différents chiffres font ressortir une aggravation de la situation économique à La Réunion. Les chiffres du chômage continuent de s’aggraver. Cette crise se répercute sur les banques. C’est le modèle économique qu’il faut remettre en cause.
Une société inégale
Faisons un bref rappel de l’origine de la crise économique que le monde traverse aujourd’hui. Cette crise a débuté aux Etats-Unis par les crédits hypothécaires (aux Etats-Unis, les banques ont gagé les biens immobiliers des ménages en échange de prêts). Quand, sans changer de travail, les ménages connaissent une perte de pouvoir d’achat, du fait d’un partage inégal des richesses, ils partent à la recherche d’autres sources de financement. Les banques leur prêtent alors de l’argent. Par cette opération financière, le secteur bancaire contribue à créer un public qui vit au-dessus de ses moyens, c’est-à-dire de ses capacités réelles.
Le peu d’argent que les ménages perçoivent, c’est pour payer leurs dettes, en d’autres termes, pour alimenter les richesses des autres (banquiers, patrons...) jusqu’au moment où le ménage est lui-même asphyxié et devient insolvable, ou lorsqu’il fait face à un imprévu lié à un licenciement (de plus en plus fréquent dans cette période de crise au vu des statistiques). C’est à ce moment-là que le modèle s’effondre. C’est là que se situe l’origine de l’une des plus graves crises de l’Histoire que nous connaissons actuellement.
La Banque de La Réunion est une illustration locale de ce phénomène mondial. Ces pertes sont dues à des prêts accordés à des personnes physiques ou morales devenues insolvables. C’est ce modèle qui repose sur un partage inégal des richesses, un modèle où les ménages continuent de s’endetter pour vivre... qui s’effondre.
Cela démontre qu’il n’est pas possible de vivre à crédit de manière permanente pour retarder l’échéance de la clarification. Un jour ou l’autre, la question du revenu et des prix revient sur la table. Chacun constate que la meilleure solution pour régler le problème du pouvoir d’achat des ménages, c’est de fournir suffisamment d’emplois avec un salaire décent afin que chacun puisse subvenir à ses besoins sans avoir besoin de recourir au crédit ou à l’aide sociale pour vivre.
Risham Badroudine
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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