489 milliards prêtés à un taux de 1%
24 décembre 2011
La Banque centrale européenne a décidé de financer les banques européennes sur trois ans à un taux de 1%. Le montant de ces prêts s’élève à 489 milliards d’euros, profitant à 523 banques de la zone euro. La BCE a d’ores et déjà annoncé qu’elle renouvèlera l’opération en février.
La Banque Centrale Européenne, financée par les banques d’État, dont la Banque de France à 14,22%, a décidé d’octroyer des prêts à des banques privées, qui pourraient racheter des crédits souverains des pays en difficultés comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce.
Les contribuables paieront ces prêts
Encore une fois, les banques auront eu le dernier mot en se voyant offrir des fonds, à faible taux, et avec une certaine facilité et rapidité, alors que de nombreux États attestent ne plus avoir les moyens d’investir.
La BCE financée par les banques d’État et donc les contribuables a offert de l’argent aux banques sans contre partie grâce, si celles-ci ne rachètent pas de la dette de l’état, ce sera le peuple qui paiera la facture. En plus de réduire les prêts aux ménages et aux entreprises, les taux d’intérêt risquent également d’augmenter. Car les plans de rigueur décidés par les dirigeants politiques vont non seulement porter atteinte aux acquis sociaux et intensifier les taxes et impôts.
Selon LePoint.fr, « la qualité des garanties exigées en échange (le "collatéral", en langage financier : obligations d’État, crédits immobiliers de bonne qualité, actifs financiers liés à des crédits à des PME) a même été assouplie ». Ce qui signifie que les banques peuvent emprunter à un taux réduit, mais ne sont en rien obligées de racheter la dette des États en difficulté.
Procédé temporaire et limité
Les banques seraient plus tentées par le rachat de titres à dix ans qui rapportent plus de 5% et 6,5% ne serait-ce que pour les dettes espagnoles ou italiennes. Comme l’a expliqué Martin Van Vliet chez ING, « L’injection de fonds effectuée (…) représente presque 1,5 fois le montant combiné de dette qui sera émise par l’Espagne et l’Italie cette année, souligne-t-il. Pour autant, il y a peu de chance pour que cet argent soit massivement investi dans des papiers d’État. »
De nombreux experts l’attestent, « les grandes banques européennes s’abstiendront et les établissements plus modestes des pays dits « périphériques » pourraient en revanche chercher à gagner de l’argent en empruntant des fonds à 1% (à la BCE) pour les placer à 6-7% sur leur dette domestique », a indiqué “Les Échos”.
En effet, après l’euphorie d’une rentrée d’argent dans les comptes des banques, les analystes s’inquiètent de l’efficacité de cette mesure sur le long terme. Même si les banques rachètent de la dette souveraine pour éviter à la faillite à certains États, celles-ci pourraient de nouveau se retrouver en difficulté et demander des aides gouvernementales.
Céline Tabou
© Copyright 5 mai 1944-2012 Témoignages | Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, des contenus des pages de ce site sans accord préalable est strictement interdite (les citations sont autorisées par le droit français pour commentaires et critiques, tant que ceux-ci y sont strictement concomitants et que sont précisés l’auteur original et le lien Internet vers la page source).