La Polynésie française s’enfonce dans la crise avec la chute des exportations de certains produits comme la perle de culture, sur fond de découragement des chefs d’entreprises, selon le dernier rapport de l’Institut d’Émission d’Outre-mer (IEOM).
Dans l’industrie, les patrons se disent « découragés » par l’instabilité politique, chronique depuis 2004, qui paralyse les projets de développement. Ils jugent leurs stocks de matières premières et de produits finis supérieurs à la normale.
Les exportations dans l’agro-alimentaire ont reculé de 20,8% au premier trimestre par rapport à la même période l’année dernière : -33,4% pour le fruit "noni", -36,7% pour le monoï, -61,5% pour le savon.
La perle de culture de Tahiti, bradée au marché noir à des prix qui n’ont jamais été aussi bas, a vu son volume d’exportation diminuer de 39,3%, tandis que le poisson (thon essentiellement) est en recul de 16,6%.
La consommation d’électricité a baissé (-5%), le commerce génère moins d’emplois, les interdits bancaires sont en hausse (+3,9% sur 1 an), l’inflation redémarre (+2,6%), l’hôtellerie est morose (-8,9% de fréquentation)...
« La raréfaction du travail, conjuguée à l’inflation rampante, risque de peser sur les revenus disponibles et de pénaliser la consommation des ménages, un des moteurs essentiels de la croissance économique », lit-on dans le rapport de l’IEOM.
Seuls les dirigeants du BTP annoncent créer encore des emplois, même si la commande publique fait défaut.
Daniel Pardon
























