La crise en Afrique

17 octobre 2008, par Risham Badroudine

Nous avons abordé la crise et ses conséquences dans les pays riches. On a vu les décisions prises par les acteurs occidentaux qui n’ont pas donné de résultats tangibles jusqu’à ce jour (hier le CAC 40 a chuté de près de 7%).
Ces mêmes acteurs disent que la crise financière est devenue une crise de l’économie réelle. Une importante partie de l’histoire se joue donc en ce moment. On serait dans l’erreur d’en rester là. Le Monde c’est 6 Milliards d’habitants. En dehors des acteurs occidentaux, les 5 autres milliards vivent. Et Comment vivent-ils les carences et l’irresponsabilité des dirigeants occidentaux ? Depuis 1 mois (pic de la crise) dans quelle situation se trouvent les 5 milliards qui n’ont pas la parole dans les médias dominants ? Comment l’Afrique, les pays émergents vivent-ils la crise ? Quelle conclusion tirer à la vieille d’une réflexion sur l’avenir du Monde ? L’avenir est-il le modèle occidental corrigé ou un modèle qui prend en compte l’essentiel des problèmes des 6 milliards d’habitants de la planète ?

L’Afrique, continent à l’écart de la mondialisation de l’économie, pourrait tirer profit de la crise financière selon les analystes.
Conséquences directe de la crise, les investisseurs africains seront moins enclins à regarder vers les marchés américain ou européen, ce qui devrait se traduire par une diminution des évasions de capitaux et une augmentation des investissements locaux selon les experts.
« Les banques africaines ont survécu à cause de leur valeur minime sur les marchés, de très forts contrôles gouvernementaux et des restrictions de changes » en vigueur dans de nombreux pays du continent, explique de son côté l’économiste kenyan Jackson Mbari selon qui « cette crise va maintenant entraîner de profondes réformes, comme un resserrement des politiques de crédit, ce qui est bon pour des économies fragiles ».

Se tourner vers la Chine et l’Inde

La crise financière, soutient "The Economist", pourrait se révéler une chance pour l’Afrique, dont le secteur bancaire est quasiment exempt de tout risque lié à la crise systémique. Cette spécificité était communément jugée excessive et conservatrice. « Certes l’Afrique ne sera pas à l’abri d’une récession mondiale, mais l’abondance de ses ressources en minerais et hydrocarbures lui assure le maintien, de taux de croissance supérieurs à la moyenne mondiale. En effet, le continent africain, jusqu’alors laissé à sa ‘"fatalité", se voit de plus ne plus courtisé par le monde : la Chine d’abord, talonnée de près par l’Inde » révèle "The Economist".

Faible capitalisation boursière

L’Afrique peut certes craindre une diminution de l’aide des pays développés, vitale pour certains des pays les plus pauvres du continent. Mais si l’aide baisait, elle ne ferait qu’accélérer la « marche vers l’Est en relativisant l’Ouest » ? En effet, le continent se tourne de plus en plus vers les géants asiatiques (la Chine et l’Inde en tête) affirment les analystes. « De plus en plus, le contient va devenir autosuffisant en raison du commerce avec la Chine et l’Inde et les autres puissances orientale », estime Jared Wafula, économiste à l’université de Nairobi.
L’activité marginale des bourses africaines les a aussi protégées. Ainsi, la place de Nairobi, la plus performante d’Afrique de l’Est, a une capitalisation totale de 8 milliards d’euros pour 51 entreprises cotées, sans commune mesure avec les bourses des autres continents.

Risham Badroudine

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