APE : alerte générale sur les emplois à La Réunion, résultat de l’aliénation
9 juin, parRisque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
Alain Armand, ancien président de Réunion Muséo
9 juillet 2010

Alain Armand rappelle que la politique muséale de la précédente majorité s’articulait autour d’une complémentarité entre la future Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise et les autres structures muséales. Stella Matutina devait être le musée de la mémoire ouvrière de notre pays.
Quel bilan faites-vous de votre mandat à la tête de Sem Réunion Muséo ?
- C’est un bilan plutôt positif dans la mesure où nous avons réussi à redresser la société en mettant fin aux conflits sociaux, on a renforcé le personnel, et garanti la progression au sein de l’entreprise. Nous avons également augmenté et amélioré la fréquentation, ce qui a permis de stabiliser le fonctionnement. Nous avons pu être indépendants de la Région. On a aussi réussi à avoir une offre culturelle nouvelle et corrigée avec l’idée de compléter la muséographie, et d’avoir donné une certaine attractivité au musée. Bien sûr, tout cela sans négliger les espaces expositions, boutique et animation.
Comment jugez-vous les déclarations relatives au « dépoussièrement » des musées prononcées par Didier Robert ?
- Nous avons une approche muséale globale. Les musées sont, du moins étaient, en lien avec la MCUR. Ce nouveau projet et l’offre proposée par les autres musées devaient être complets. Pour Stella, nous avons tenu à ce que le musée devienne, sur le long terme, un musée de la mémoire ouvrière. Nous avons pour cela créé un Comité scientifique et culturel afin de préparer, avec la Direction, de nouveaux projets culturels et scientifiques, qui devaient aboutir à voir comment un musée pouvait être à la fois un musée de la mémoire et un lieu culturel, scientifique et historique.
On est peut-être fragile sur le plan culturel, parce qu’on n’a peut-être pas fait autant de travaux, et pas assez vite. Mais l’essentiel a été fait. Maintenant, si la nouvelle majorité a les moyens de rénover les musées, tant mieux. Mais il ne faut pas mélanger le contenu culturel et les expositions aux dépenses d’insfrastructures.
« Dépoussiérer » est un terme exagéré, car Stella Matutina est l’un des sites les plus visités de l’île, avec une fréquentation de plus de 100.000 visiteurs. Il en va de même pour la Maison du Volcan.
Que pensez-vous de la baisse des investissements dans le domaine culturel ?
- Avec l’arrêt de la MCUR, la Région possède un fonds budgétaire qui lui permettrait d’investir dans la culture. De manière globale, je dirais que la culture ne doit pas être sacrifiée dans le plan de rigueur lancé. La culture est primordiale dans le développement de l’être humain. Il faut garder une réelle attention vis-à vis-de la culture, et mettre en place un budget nécessaire à son épanouissement, tant pour les artistes, les producteurs, les acteurs et créateurs.
A La Réunion surtout, il faut toujours lier culture et identité réunionnaises. Car la culture peut être un outil pouvant promouvoir l’identité réunionnaise dans toute sa dimension.
Propos recueillis par Céline Tabou
Risque d’anéantissement des emplois liés à la production de richesses à La Réunion
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