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Le président de la Commission de l’Union africaine dénonce une justice internationale à deux vitesses

« La dignité des Africains a suffisamment été bafouée au cours de l’Histoire »

26 janvier 2010

Le Président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, a dénoncé, dans une interview dans le magazine panafricain “Jeune Afrique” paru lundi, une justice internationale à deux vitesses, « une justice pour les faibles et une autre pour les puissants », dont l’Afrique est la victime.




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« C’est une évidence ! Il suffit d’examiner l’identité de ceux qui ont été traduits devant la CPI (Cour pénale internationale). Des Africains, uniquement des Africains ! Je veux bien que nous ayons notre lot de “criminels”, mais pourquoi sommes-nous les seuls ? Ne s’est-il rien passé à Gaza, au Sri Lanka, en Colombie, en Tchétchénie ou en Géorgie, par exemple ? », s’est interrogé Jean Ping. « La dignité des Africains a suffisamment été bafouée au cours de l’Histoire », a-t-il ajouté. Toutefois, le président de la Commission de l’UA a indiqué qu’il ne mettait pas en cause le principe de la justice internationale, mais il critique la méthode utilisée. Il a par ailleurs reconnu les défaillances de la justice africaine. « Je suis le premier à reconnaître nos immenses lacunes dans ce domaine. Je ne cherche pas à les nier. Le cas Hissène Habré est le plus flagrant. Nous avons mis en place des organes exécutifs et législatifs panafricains, mais il manque le judiciaire : une Cour de justice continentale. Ce constat, aussi amer soit-il, n’excuse pas une justice à deux vitesses », a expliqué le président de la Commission de l’UA. « Au nom de quoi devrions-nous accepter ce que les autres refusent ? Pourquoi les Occidentaux, eux, n’acceptent-ils pas que leurs ressortissants soient jugés en Afrique, s’ils y ont commis des crimes ? », s’est interrogé Jean Ping. Concernant les procédures des « biens mal acquis » intentées dans certains pays européens et particulièrement la France contre des présidents africains, Jean Ping a souligné que c’est toujours la loi de deux poids deux mesures. Cependant, il a tenu à indiquer que l’objectif de ces critiques n’est pas de protéger des criminels, mais « de refuser cette justice à deux vitesses ».

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