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Ecole Iris Hoarau (Petite-Ile, Saint-Denis)
3 juillet 2008

Une dizaine de parents d’élèves de l’école Iris Hoarau, à la Petite-Ile (Saint-Denis) sont venus hier matin apporter leur soutien à la directrice de l’école, convoquée pour un entretien préalable à un licenciement, avec mise à pied conservatoire prise par le conseil d’administration. Cette mesure fait suite à plusieurs mois de désaccord entre la directrice pédagogique et les gestionnaires de l’association, qui se sont enfin expliqués hier. Un prochain conseil d’administration devra trancher.
L’école Iris Hoarau serait unique en son genre, à La Réunion. Fondée en 1959 par une retraitée de l’Education nationale, dont elle a gardé le nom, c’est une école associative de droit privé, non-confessionnelle - à la différence des autres écoles privées.
Petite école familiale à l’origine, sous contrat simple avec l’Education nationale, elle accueille cette année 156 enfants de la maternelle au CM2. Elle est gérée par des parents d’élèves bénévoles, membres d’une association (type loi 1901) dotée d’un conseil d’administration.
La plupart des parents réunis hier ne font plus partie de l’instance dirigeante ; certains - dont l’ancien trésorier - en ont démissionné l’an dernier après de grosses difficultés de gestion, qui ont fait partir deux présidents dans le courant de l’année 2007.
Celui qui a été élu président à la rentrée scolaire d’octobre, Olivier Douyère, gestionnaire d’un cabinet d’architectes, était il y a 45 ans un élève d’Iris Hoarau.
La directrice, Chantal Chauville, enseignante depuis près de 30 ans dans l’école, a commencé sa carrière d’institutrice sous la direction d’Iris Hoarau, qui était sa grand-tante, avant de devenir elle-même directrice de l’école, il y a cinq ans.
Ils sont tous passionnément attachés à cette petite école, réputée depuis sa création pour obtenir de bons résultats. Mais cette année, un conflit de pouvoir a surgi entre la directrice - en charge de la partie pédagogique - et l’équipe gestionnaire, choisie par une majorité de parents pour redresser une situation difficile.
Chantal Chauville a été sanctionnée après avoir porté plainte au commissariat pour "harcèlement", parce que le nouveau président - qui dit vouloir agir « dans le respect de la loi » - lui a adressé plusieurs ”notes de service” auxquelles la directrice répondrait selon son bon vouloir. Le conflit en est arrivé à un point où il n’épargnerait plus les enfants, ce qui a décidé le président à proposer cette mise à pied conservatoire, malencontreusement survenue au moment de la fête de l’école, qui avait lieu en fin de semaine dernière.
« Samedi, pour la remise des prix, les enfants de Mme Chauville ont reçu leurs prix sur le trottoir » s’indignent les parents venus soutenir la directrice avant son entretien avec des membres du conseil d’administration.
Joint par téléphone, Olivier Douyère, le président, explique que, « pour la pérennité de l’école, il faut un vrai travail de fond, de gestion et d’organisation, que nous faisons bénévolement, qui n’avait pas été entrepris par les équipes précédentes à ce niveau de rigueur et que certains, qui ont fait partie de l’ancienne gestion, veulent remettre en cause. »
L’école doit envisager d’importants travaux - la cuisine, la cantine, le préau, le portail - pour lesquels l’équipe actuelle étudie avec la mairie de Saint-Denis un plan de financement.
L’association, financée par l’écolage des parents (la somme annuelle versée par les familles), paie les charges et le personnel, avec un système de tiers-payant apporté par l’Education nationale.
Le souci des gestionnaires actuels est de réaliser les travaux sans augmenter l’écolage des familles. Ils ont aussi demandé à la mairie de Saint-Denis de les aider à mettre en place un « fonds social qui permettrait d’accueillir les familles (modestes) du quartier. On reste totalement dans l’état d’esprit de la fondatrice » ajoute Olivier Douyère, qui insiste sur la transparence et les informations dues aux parents. « Les parents, propriétaires de l’école, ont leur mot à dire et doivent au minimum être informés » dit-il.
Des négociations sont également en cours avec la mairie de Saint-Denis au sujet du bail, et avec le propriétaire des locaux. Ce dernier - qui prend à l’association environ 56.000 euros par an de loyer - est désireux de vendre et deux possibilités s’offrent à l’association. « Le but est de contrôler les charges de l’association en assurant les locaux » dit encore le président.
Lors de la rencontre d’hier matin, des propositions ont été faites de part et d’autre. Il appartiendra à un prochain conseil d’administration de se prononcer sur la procédure de licenciement, qui peut ne pas aboutir si un terrain d’entente est trouvé, ce qui semble la voie la plus raisonnable, dans l’intérêt premier de l’école et des enfants qui la fréquentent.
P. David
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